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22 janvier 2007

ENFANTS DU CHOLERA :les délaissés de l'ancien régimes les ignorés de celui d'aujourd'hui

cet article intitulé Un médecin en colère qui a été publié en en octobre 2005 dans le journal le calame je le met en ligne sur la demande d'un visiteur:
«Un ministère qu'on soutient est un ministère qui tombe».
Talleyrand
Décidément, certains médecin-administrateurs sont incorrigibles, voireinconscients. C'est peu dire qu'ils ne rendent pas service à la santé dansnotre pays. En se rendant coupable avec la complicité du ministère de lasanté et de la DRPSS, par leur silence meurtrier. Quoique l'expression«coupable» soit encore un verdict certain, il semble bien que « le scandaledu silence meurtrier »... scandalise assez peu.D'où ces question presque candides : l'opinion publique a-t-elle perçu lescandale?Où se situent les responsabilités? Qui a importé le cholera dans le servicepédiatrie de l'hôpital national ? Autant d'interrogations qui restent sansréponses.Les faits concernent le choléra à Nouakchott, plus précisément l'enceinte del'hôpital national. Où le cholera a été Introduit dans le service depédiatrie.Pendant les premières semaines le danger a plané sur ce service où desenfants malades et fragiles, ont été exposés à cette maladie. Sous d'autrescieux plus cléments plus démocrates, un scandale pareil aurait faits plus debruit et des têtes auraient tombées.Pour que l'on puisse comprendre ce scandale, on doit rappeler les faits rienque les faits. Tout a commencé une semaine avant le coup d'état, lorsque lesurgences ont été submergées par des diarrhéiques et des vomisseurs plus de170 cas :C'est le fameux week-end diarrhéique, qui a provoqué la fermeture desurgences pour désinfection.Les cas suspectés, ont été des cas de cholera, même s'ils portentofficiellement le nom de diarrhée aigue, j'ignore selon quel consensusmédical!Quiconque a lu au fil des mois au moins quelques pages consacrées à ces «diarrhée aigue » par les journaux s'étonnera si souvent par l'absence du mot« cholera » dans un tel contexte. Ce silence est doublement inquiétant : ilmanifeste le mépris à l'égard des citoyens par l'Etat, et démontre que nosdirigeants savent trop peu sur la santé pour en connaître la fragilité.Ainsi ce silence et ces diarrhées sont à l'origine d'une épidémie, quel'état tente tant bien que mal à cacher au peuple. Voila le mot est lâché,il y a bien le cholera à Nouakchott : parce que j'ai été impliqué dans lapremière et dérisoire ligne de prise en charge de l'hôpital, où j'ai vu desenfants mourir de déshydratation sévère, des beaux et mignons visagesabattus, cachectiques, qui me regardaient en me suppliant de ne pas lesabandonner. Je lisais dans leurs yeux innocents, cette interrogationpourquoi nous?Ces enfants dont le seul crime est d'être issus de milieu défavorisé- lesdélaissés de l'ancien régimes les ignorés de celui d'aujourd'hui- Pireencore j'ai vu des médecins responsables de la gestion du cholera, fuir enabandonnant un enfant de trois ans agonisant aux mains des infirmiers peuexpérimentés et le ministre se boucher le nez en visitant des malades. Lapreuve que il n'a rien compris au cholera et à sa transmission qui résultede l'absorption par la bouche d'eau ou d'aliments contaminés, je dis bienpar la bouche.J'ai aussi vu, (et mis moi-même) des malades dans des conditions inhumaines,et humiliantes, dans l'unique ambulance qui assurait les va et vient entrel'hôpital et le lazaret et je tiens à demander aux patients et à leursfamilles de m'excuser cette conduite indigne...Pour résumer de façon synthétique, les enjeux de cette grosse bourde : C'estune stratégie destinée à soutirer de l'argent à l'état comme par le passé.Pourtant l'arrivé du cholera a été ressentie au début comme une aubaine pourcet hôpital qui a souffert de la gestion de l'ancien directeur (parti leschevilles solides à la CAMEC) d'une part, et une providence pour l'actuelledirection qui multiplie les réunions stériles, pour se mêler les pinceauxencore. Certains de ses membres veulent s'illustrer et quelque soit le prix(macabre), en s'octroyant le titre de responsable de la gestion du cholera!C'est par devoir de médecin que je tiens à rapporter brièvement au ministreet aux citoyens quelques éclaircissements sur le cholera à travers cettedéfinition de l'OMS : Le vibrion cholérique est une bactérie très mobile,aux exigences nutritionnelles modestes, dont l'homme est le principalréservoir. La maladie résulte de l'absorption par la bouche d'eau oud'aliments contaminés. Une fois dans l'intestin, les vibrions sécrètent latoxine cholérique, responsable de déshydratation qui caractérise l'infection: les pertes d'eau peuvent atteindre 15 litres par jour. Les sellesdiarrhéiques libérées en grande quantité sont responsables de la propagationdes bacilles dans l'environnement et de la transmission oro-fécale.Les principaux facteurs favorisants la transmission de l'infection sont leniveau socio-économique et les conditions de vies des populations. Lesfortes concentrations de population associées à une hygiène défectueusejouent un rôle important dans l'apparition et le développement d'uneépidémie de choléra : L'incubation - de quelques heures à quelques jours -est suivie de violentes diarrhées et de vomissements, sans fièvre. Enl'absence de traitement, la mort survient en 1 à 3 jours, par collapsuscardio-vasculaire dans 25 à 50% des cas. La mortalité est plus élevée chezles enfants, les personnes âgées et chez les individus fragilisés.Le traitement consiste essentiellement à compenser les pertes digestivesd'eau et d'électrolytes. La réhydratation est assurée par voie orale ou parvoie intraveineuse, selon le degré de déshydratation. L'amélioration estperceptible au bout de quelques heures et la guérison, sans séquelle, estobtenue en quelques jours.L'antibiothérapie peut être utile dans les cas graves, mais l'émergence desouches de vibrions cholériques multirésistantes aux antibiotiques en limitede plus en plus l'indication.Les mesures d'hygiène générale sont essentielles dans la lutte contre lecholéra, impliquant une véritable mobilisation sanitaire en cas d'épidémie,et un développement de l'éducation sanitaire. Ces mêmes mesures que l'étatpouvait dispenser à travers ces medias. Il s'agit d'un simple devoird'information qui doit être imposé à nos dirigeants.En fin je tien a saluer MSF et medico del mondo et les huit médecinsmauritaniens du lazaret d'Elmina, pour leur courage, eux, qui ont affrontéle cholera de face. Sans rien attendre en retour. Pendant que d'autresjouent aux chiffres et lettres.Et ne pas oublier qu'au titre du délit de mise en danger d'autrui, ilfaudrait une enquête pour situer les responsabilités et arrêter le massacre.Car en ce moment, on parle d'autres foyers à l'intérieur du pays, quirisquent de faire plus de morts si….
Dr. KLEIB Ahmed Salem

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonsoir Docteur
Eh oui les rumeurs, c'est la spécialité de nos salons de Thé ou de Tajine.
Je pense nous sommes partis vite en besogne, en faisant les éloges et compliments de tel homme ou telle femme candidat aux présidentielle de 2007, car aucun d'entre eux n'a encore exhiber un programme politique .
Mais laissons les rumeurs circulées, ça peut faire du bien pour tous ceux qui en ont un métier.
Dr Moussa MBOW

Risa a dit…

This is great info to know.