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17 novembre 2016

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14 mai 2016

MES RAISONS DE DIRE NON AU REFERENDUM SUR LA CONSTITUTION DU 25 JUIN

«Un homme en colère est un homme qui n'a pas su dire non et éprouve, en plus, le remords de ne pas l'avoir fait.»
Tahar Ben Jelloun

A quoi sert un referendum, si l’on doit voter impérativement par un OUI? Alors pourquoi dépenser les bien publics si le choix du OUI doit l’emporter sur le non ? Pourquoi nous imposer le seul et unique choix du OUI comme celui du bien sur le mal. Pourquoi donner autant de moyens pour ceux qui prônent le OUI, à leur tête le chef de l’Etat? Ce président qui sillonne le pays, pour nous imposer le vote massif du Oui pour une histoire à dormir debout de serrures, de cadenas et de tracts fictifs. Tout cela au frais du contribuable mauritanien. Nous appâter par l'amendement de 3 articles de la loi fondamentale : la réduction du mandat présidentiel à 5 ans, un mandat renouvelable une seule fois, un verrouillage juridique qui fait qu'aucune procédure de révision de la constitution ne soit possible. C’est nous sous-estimer et au delà mettre un doute la maturité du peuple mauritanien.

Plutôt, Instaurons un vrai débat sur cette constitution et exigeons un décompte de temps de parole, pour les partisans et les détracteurs du OUI. Priver le chef de l’Etat fervent défenseur du OUI , de sa lépreuse TVM qu’il semble squatter avec la complicité de l’AMI, alors que aucun NON ne se fait entendre sur nos médias.
Cette occasion unique qu’a le peuple mauritanien de dire NON à un gouvernement, de le désavouer massivement pour la première fois est à saisir d’une main de fer. Ainsi le chef de la junte et son « Gouvernement à usage unique » pour ne pas dire familièrement « Gouvernement jetable » en tireront les conséquences de leurs choix et sauront que l’on ne pourra pas toujours suivre ceux qui ont le pouvoir comme des moutons de panurge. Quant au peuple, en montrant son refus d’entendre et de respecter la volonté d’un groupe qui veut lui imposer à travers les urnes son choix du OUI pour cette Constitution relookée avec très peu de changement, il aura acquis le principe fondamental de la démocratie celui d’avoir un choix, un vrai choix réfléchi et réaliste. Si le peuple savait que les pères de la constitution de 1991 sont actuellement les charpentiers de cette illusion de changement de 2006, Il mesurerait à leur juste portée ces mots de Peter Genestet « Heureux et libre est celui qui ose dire non ! »

Même si Le texte du projet porte uniquement sur les articles modifiés de la constitution du 20 juillet 1991 qui stipule dans son nouvel article 99 qu’«aucune procédure de révision de la Constitution ne peut être engagée si elle met en cause l’existence de l’Etat ou porte atteinte à l’intégrité du territoire, à la forme républicaine du gouvernement, au caractère pluraliste de la démocratie mauritanienne ou au principe de l’alternance démocratique au pouvoir et à son corollaire, le principe selon lequel le mandat du président de la République est de cinq ans, renouvelable une seule fois». On aura un homme fort avec des pouvoirs illimités. Qui dit un homme fort dit une tribu forte et une région privilégiée et si il y a des puissants, il y aura forcement des faibles, des soumis et des exclus.

Souvenez-vous de cette Constitution de 1991 qui avait proclamé la Mauritanie "République islamique, arabe et africaine". Elle a été violée, et greffée avec le fameux article 104 issu de l’imagination illimitée de l’entourage du président. Reste enfin qu’est ce qui immunise la constitution de 2006 par rapport à celle 1991?
La garde présidentielle, la maturité des militaires ou la vigilance du peuple mauritanien ? Nous le saurons bientôt.

Faire confiance à la junte au pouvoir comme le font actuellement la majorité des partis politiques, alors que les vrais changements se font toujours attendre, relève de la naïveté ou de l’autisme intellectuel. Le frangin du premier président et le cousin du dernier président déchu en ont fait les frais. Rien qu’a les voir dans le sillage du moustachu de notre palais de marbre pour se dire que rien n’a changé, surtout en profondeur ; les promesse de Démocratie et de liberté restent des promesses: la réalité mauritanienne dément toute logique scientifique et toute les prévisions économétriques. Nous n’avons pas la notion de l’Etat ni de la hiérarchie, même sous la houlette d’un gouvernement d’exception ou sous la botte d’une triade de colonels et leurs vassaux nous restons des bédouins orgueilleux.
Un éditorialiste français a qualifié l’après 3 août d’ère de liberté et de démocratie par ces mots: les mauritaniens sont devenus libres, ils peuvent actuellement écouter RFI en ondes courtes FM : quelle définition primitive de la liberté ! Un autre mauritanien a qualifié l’après 3 août d’ère de liberté et de démocratie on peut voir Hindou du journal le calame et Ould Daddah à la télévision ! Et Alors !

Par contre voir le putschiste du 8 juin à la télévision publique est une insulte à la mémoire des victimes du putsch, civiles ou militaires. Pour les crimes, la prescription intervient des décennies après l’acte, si aucune procédure n’a été entamée contre l’auteur du crime et non par la création d’un parti.
Voilà le changement tant attendu n’a pas eu lieu, les partis politiques se sont regroupés et ils se soucient plus de leur financement que des problèmes qui secouent la société mauritanienne.

Les élections qui se profilent a l’horizon serviront à réconforter un nouveau parti politique qui va vite se « PRDSiser » : en s’ouvrant à tous les transfuges des autres partis perdants pour devenir un parti- Etat, ainsi il s’implantera partout avec les moyens de l’Etat, et inventera une nouvelle idée apparentée à celle du défunt livre et ses innombrables maisons : les perdants dénonceront la triche,les urnes bourrées, de bureaux de vote volants et les observateurs étrangers bernés et l’inaptitude de la CENI sous la commande quasi militaire de son président. Si ça rassure le Tchad a aussi une CENI.
D’où cette question en forme d’appel au secours : Qui pourra transgresser le principe qui régit le fonctionnement même de ce système en voulant devenir un vrai chef d’Etat à part entière dans ce pays où l'armée fait et défait les présidents ?

Une chose est sûre : il y a quelque part quelqu’un qui tire les ficelles du pouvoir et ce n’est pas l’actuel président qui lui n’est qu’un acteur d’une dramatique pièce de théâtre sur fond de décors de démocratie en cinq actes par ordre, cette parodie des journées de concertation, le referendum, les municipales, les législatives et les présidentielles, mise en scène par des éminences grises bien de chez nous, quant à la production, elle est assurée par les finances publiques.

Enfin, était-il vraiment nécessaire d’organiser un référendum ?
C’est sûr que le gouvernement, et le Président ont un autre point de vue sur la question. Il y a sûrement des considérations qui ont poussé le CMJD à proposer ce référendum. Il fallait lire entre les lignes du discours présidentiel « One man show » le souci de bonne gouvernance, équilibres internationaux en oubliant peut-être les équilibres nationaux et sa richesse douteuse. Il faut arrêter cet abus dans l’utilisation des techniques censées mesurer les rapports de force, les tendances au niveau de l’opinion publique et les valeurs, aux fins d’apporter un plus, des améliorations. Il y a abus en nombre d’élections et de référendums, dans un laps de temps aussi court, souvent aux dépens des valeurs, que sont la participation du citoyen, le libre choix, le débat, la transparence. Ainsi le citoyen risque de se dire que les élections et les référendums, sans âme ni valeur, ne sont qu’un jeu politique, destiné à convaincre les instances internationales, au détriment des intérêts des mauritaniens. Alors que Personne ne doute que les mauritaniens méritent infiniment mieux.

Dr. KLEIB Ahmed Salem
Médecin - Hopital national


mise à jour: 
Cet article a été publié  dans le journal le calame avant le referendum sur la constitution  en 2006
je l'ai retrouvé sur le site  AVOMM
http://www.avomm.com/MES-RAISONS-DE-DIRE-NON-AU-REFERENDUM-SUR-LA-CONSTITUTION-DU-25-JUIN_a836.html