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17 novembre 2006

Le CMJD met la Mauritanie en urnes réglées?

C’est ça la Mauritanie Chronique du Dr. KLEIB Ahmed-salem

Le CMJD met la Mauritanie en urnes réglées?

« Il faut voter avec son intelligence et
non avec ses tripes..»CHIRAC (Jacques))
C’est l’histoire de ces quatre étudiants mauritaniens en France qui, au lendemain de l’indépendance, originaires de Boutilimit, ont décidé un jour, comme leurs collègues français, d’apprendre à danser. Ils se sont inscrits à des cours de danse chez Madame Elisabeth FONTENEAU. Apres quelques séances successives pour des mauritaniens assidues et déterminées qu’elle ne fut sa surprise quand elle a remarquée l’absence d’amélioration du niveau de ses bédouins. Un soir madame FONTENEAU les invita dans son salon, pour tenter de percer ce mystère. Elle qui a enseigné la danse à trois générations de français Elle demande à chacun de marcher le long du couloirs, tout en les observants attentivement déambulant, pieds nu sur le tapis persan que son mari lui à ramené de son voyage à Istambul cette année là.A la fin de se walk – test elle a conclu, avec soulagement que nos quatre érudits, ne savaient pas marcher et que pour danser il faut d’abord apprendre à se tenir debout et à marcher correctement. La morale de l’histoire est que nous sommes entrain de nous entretuer pour imposer la démocratie en Mauritanie. Alors que les acteurs du jeu démocratique ne savent pas se tenir débout ni marcher. Une étape a été sautée dans le processus évolutif de notre pays. C’est ainsi que notre pays risque de sombrer dans une régression irréversible.En témoigne cette campagne électorale grotesque et carnavalesque qui se veut comme model dans le monde arabe. Et qui se résume en quelques oisifs qui se regroupent sous des tentes, pour écouter quelques griots édentés et des griottes grosses et moches scandant des chants élogieux de certains candidats véreux et incultes. Ce qui est loin est loin d’un programme électorale. Les vrais débats ont été occultés. Cette campagne houleuse s’apparente plus à un festival ou à un carnaval avec ses couleurs et ses chants et ses acteurs déguisé ou non.Il y a des priorités, à donner à l’Etat son respect et sa dignité en créant un Etat de droit.Donner aux citoyens cette sérénité, pour qu’ils aient confiances dans les institutions de l’état.Il faut à mon avis renforcer l’éducation, dégraisser le mammouth de Lamgheity en supprimant une partie du budget alloué aux militaires.En ce qui concerne la fiscalité il faut travailler le domaine de la fiscalité indirecte et directe pour que l’assiette de taxation soit entièrement harmonisée.Comme l’indique une étude de L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans le cadre de sa politique d’intégration initié en février 2006, à Ougadougou « C’est aussi un moyen de promouvoir un régime fiscal de droit commun incitatif, de favoriser l’émergence d’une fiscalité axée sur la promotion de l’investissement ainsi que de la croissance économique ». A nos futurs élus je propose d’alléger les impôts et la réglementation douanière qui constituent un obstacle pour les investisseurs étranger. Tout cela ne peut se faire sans renforcer le cadre juridique pour veiller au respect des droits de propriété tributaire du cadre institutionnel (devant l’absence de cadre juridique et réglementaire fondé sur une législation harmonisée relative aux finances et à l’investissement dans le domaine des infrastructures sociales et physiques).Et pourquoi pas ne pas revoir la politique restrictive en matière d’investissement et la longueur des démarches administratives nécessaires pour créer une entreprise.Il faut penser à créer des emplois, grâce à des microcrédits, un allégement fiscal accompagnée d’une procédure administrative très succincte.Il est fondamental de lutter contre le secteur informel car Des pans entiers de l'économie échappent à toute classification et à tout contrôle. Même si une majorités de notre populations pauvres des villes est trop largement tributaires du secteur informel pour l’emploi et le revenu.Enfin, prévoir un plan pour redynamiser l’éducation nationale en lui injectant les fonds de la défense car il est fondamental de prendre en considération Les difficultés de l’éducation qui sont liées à la persistance des pesanteurs socioculturelles, des causes de la pauvreté, les coûts directs et indirects de l’éducation, l’insuffisance en quantité et en qualité du personnel enseignant, l’insuffisance de matériel didactique et enfin la mobilisation des ressources financières et rendre obligatoire la scolarisation des enfants.Il convient d’inscrire ces mesures promesses dans une logique d’un authentique plan pour l’emploi notamment en les adaptant aux véritables acteurs de la création et du maintien de l’emploi, en l’occurrence les petites entreprises. Créer des projets pilotes en matière de formation professionnelle, plus adaptés à notre population de chômeurs de plus en plus jeunes.Si non à quoi aurait servi ce « coup d’état amical » si ce n’est à remplacer un dictateur par un autre tout le monde sait que qu'un coup d'état peut s'appuyer sur un plébiscite électoral et que la dictature peut aussi être mise en place par les urnes, donc démocratiquement, pour peu que l'on s'en donne les moyens.Dr Ahmed salem Ould Kleib Centre hospitalier Sainte-AnneService de neurochirurgie Du Pr François Xavier RouxParis 14° France Tel 0033.6.13.14.82.14

27 octobre 2006

Un millier de candidats et moi et moi et moi...

"C’est ça la Mauritanie" Chronique du Dr. KLEIB Ahmed-salem
LE CALAME n°559

« Quand le sage montre la lune avec son doigt, l'imbécile regarde le bout du doigt»
proverbe chinois


PRDR,RFD, APP, UFP, FP , AJD, PMDE, PLEJ, , UCD, RD, PSD, UDN, UDP,…autant de combinaison de consonnes et de voyelles pour designer des partis politiques vivants, morts ou fictifs. Nous assistons à une vraie Inflation de partis politiques plus de 35 en plus de l’émergence des indépendant : CNI, UNI, LNC qui utilisent un parti-pavillon de complaisance pour leur liste nationale. Ainsi en fin de cette transition on aura tout vu, Ely o Mohamed Vall en chantre de la démocratie, Ould Daddah en nouvel ami d’Israël, Messaoud en messager de l’unité national, et des candidats surgir de nul part.
Alors me diriez vous pour quoi cet engouement national pour ce que nous appelons (par ignorance) la politique ? pure altruisme ou opportunisme ?
A l’origine s’est le goût pour le profit immédiat qui ne laisse aucune traces et la versatilité de nos élites qui perpétuent cette tradition de nomadisme politique.
A mon humble avis il serait judicieux de se poser des question pour ne pas voter idiot
aux prochaines échéances électorales.
Qu’es ce qui fait courir les richissimes de Nouakchott vers des contrés lointaines pour briguer des postes de députés ou de maire ?
Prenons l’exemple de la région de tirs-zemmour : pour quoi Hammada ould Derwish se présent-il à Elbir, qui n’est pas la porte à coté , lui qui a déjà été directeur du port autonome de NDB, directeur de la BACIM banque et qui est peu connu pour ses
activités d’intérêt général pour la collectivité qu’il cherche à diriger.
Pourquoi khaddad Ould Mokhtar se représente-il à F’derick ? pour les énormes infrastructures qu’il y a battu lors de son précédent mandat , ou pour les lois qu’il a proposé au vote du défunt parlement, pour protéger l’enfance , l’environnement ou l’éducation ! Ou tout simplement pour exploiter, cette immunité parlementaire et la carte de visite qui va avec pour augmenter son chiffre d’affaire.
Pourquoi un Zidane Ould Hmeida se présente-il à Zouerate ? est-ce pour
la bonne image qu’il a laissé au fils d’ouvrier que je étais lorsqu’il était directeur à la Snim ou sa contribution à l’implantation de sa tribu en utilisant le favoritisme à travers les avantages que son poste de directeur lui conférait ou tout simplement une revanche pied de nez aux militaires qui l ‘ont emprisonné et rendu célèbre.
Pourquoi la famille Ducros se décarcasse à F’derick un seul jour de l’année et le reste elle se perlasse à nouakchott dans l’intérêt des citoyens autochtones
Pourquoi Hadrami Ould Emmama veut il s’incruster et se fossiliser à Zouerate , lui qui n’est connu que pour sa gestion rigoureuse de l’eau . Est ce pour obéillir à l’estikhara ou représenter ses tlamides.
Simples questions qui restent en suspension et qui en disent long sur ce qui se trame en en haut en bas et que nous devrons avalisés .
Des questions qui doivent etre posés à propos du mobile de tous les candidats et dans toute les régions. l’exemple de tiris zemmour est le plus flagrant où Mêmes un ressortissant du Polisario qui a élu domicile à Zouerate se présente sans soulevé la polémique de la mauritanité à l’ivorienne.
Nous voilà donc avec 1.222 listes candidates aux prochaines élections municipales du 19 novembre en Mauritanie sur ces listes candidates, les formations politiques ont effectivement déposé 888 listes électorales alors que les listes indépendantes, sources de frictions verbales entre certains partis politiques et les autorités de transition, n'ont guère déposé plus de 334 listes.
Quant aux élections législatives, 441 listes ont été déposées par des partis politiques, des candidats indépendants et des coalitions de partis, dont 260 proviennent des partis politiques et 124 des candidats indépendants.
Quel casse tête pour des électeurs qui ne sont pas habitué à voté pour un programme politique, et qui n’ont pas une culture des couleurs à peine si un mauritanien doué pouvait différencier entre le vert et le bleu quel supplice ! ajouté à la candidature majoré de 20 pour cent des femmes.
D’ailleurs Il ressort des premières listes que la tendance est aux femmes commerçantes. Ces femmes dé-pigmentées trempées dans des crèmes luisantes, qui peuvent te déplumer comme pigeon, ou te fourguer des chaussures taiwanises en les faisant passer pour des italiennes et faire avaler à tous les hommes toute les couleuvres de la terre.
Pourquoi donc faire participer les femme à hauteur de 20 pour cents, si c’est pour impliquer cette fraction de notre société, s’est raté d’offices. Parce que nous n’auront jamais une élue vendeuse de couscous, ni une divorcé avec une famille nombreuse, , ni une chômeuse de longue durée, ni une étudiante. Pour cette fois ci les femmes ne seront pas entendu dans l’hémicycle.
Dans un pays ou tout s’achète, la conscience , la fierté, et les voix. Avec ou sans élections c’est toujours ceux qui ont compris le système qui triomphent et les damnés qui approuvent .
Enfin un vautour , qu'il soit en smoking ou en treillis, qu'il soit indépendant ou dépendant, reste un vautour ou devient un député preuve que Rien n’est Impossibles en Mauritanie (R.I.M).

Dr kleib Ahmed Salem

Histoires de fossiles

C’est ça la Mauritanie Chronique du Dr. KLEIB Ahmed-salem
LE CALAME n°557 11 Octobre 2006


« Quand on est chef de gouvernement on ne peut pas dire la vérité ;
on ne la dit jamais. Gouverner c'est mentir

Jean Giono


Quand j’ai entendu le mot fossile sortir de la bouche du président du CMJD et chef de l’état lors de son interview sur RFI, j’ai dû rincer ma mémoire ramollie ces derniers temps par les dictatures, les coups d’états, les coups bas et les candides indépendants pour recueillir la définition des mots fossile et fossilisation. Ceci de peur de sembler bien maladroit dans ma démarche, entre la soumission servile et la prétention didactique. Car Je n’ai ni la didactique d’un Yvan Amar dans «la danse des mots» ni la sémantique d’un Bernard Pivot dans sa célèbre émission «apostrophe».
Tout est parti d’un mot : «fossilisation». Utilisé à bon escient, bien sûr, par notre chef d’état pour désigner nos partis politiques. Ce mot a pris la place de la rage (autrefois attribué aux chiens afin de les tuer). De nos jours, qui veut tuer son parti le qualifie de fossile. Justement un fossile se définit comme la «conservation dans le sol ou la roche d'un organisme après sa mort par différents processus chimiques et physiques», ce qui suppose que les partis traditionnels traités de fossiles sont déjà morts et enterrés, Kapout dans le jargon militaire, fini. En d’autres termes, les politiciens que nous croisons tous les jours sont des politiciens morts et pétrifiés. Il ne faut pas leur en vouloirs, ni pour leur programme politique ni pour leur honnêteté. Depuis quand juge-t-on un mort ? que son âme se repose en paix.
Si notre paysage politique est morose c’est à cause de l’absence d’une vraie volonté militaire de démocratie d’une part, et de l’autre de l’ambition insatiable de nos politiciens zombies et véreux. Pour ce qui est de la fossilisation, il faut que l'animal ou le végétal soit soumis à des conditions particulières peu de temps après sa mort et avant que les organismes décomposeurs n’entrent en scène, telles les bactéries, ou bien tout simplement divers charognards et Insectes. Dans mon imagination de bédouin, le prédateur à cette époque-là (celle des fossiles) était le dinosaure, qui doit être le méchant. Je l’imagine grand de taille avec un cerveau terriblement petit pour son corps, poilu et moustachu, et qui a fini par disparaître de la terre.
C’est ainsi que la plupart des organismes ont été protégés par un enfouissement rapide dans les sédiments, principalement d'origine aquatique, tel des argiles ou des sables. Donc comme nos brillants politiciens n’ont pas eu la géniale idée, après le 3 août, d’éviter leur décomposition en s’incrustant dans les sédiments militaires. Ou, plus simplement, n’ont pas eu la capacité d’évoluer et de s'adapter au changement. Il est légitime que le chef de l’état dans un souci de pure conservation ait appelé à la candidature indépendante, histoire d’enterrer des fossiles. Histoire aussi de dire qu’il n’a jamais été dans le système. Nous avons d’un côté un chef d’état au-dessus de la mêlée et, de l’autre, des chefs de tribu hors de tous soupçons qui se sont se sont rencontrés au palais présidentiel. Les derniers affirment que le premier les a incités à se présenter aux prochaines élections en indépendants. Information vite démentie lors de son escapade française à travers cette opération de charme d’un président qui veut garnir son album photo et son carnet d’adresses (est-ce nécessaire pour quelqu’un qui va partir dans cinq mois?). Le démenti formulé à propos d’un possible soutien des militaires pour les candidatures indépendantes nous ramène à l’histoire de ces deux messieurs, seuls dans l’ascenseur, qui ont senti une mauvaise odeur et qui se demandent d’où ça vient.
Ceux qui détiennent le pouvoir (je ne parle pas des 13 colonels et du gouvernement à usage unique) ont déjà mis en route un processus qui leur permettra de se protéger de l’après transition. La transition est un échec, si nous allons nous retrouver avec les mêmes élus de l’avant 3 août sous le drapeau indépendant. C’est toute notre conception de “ la démocratie ” qui s’en trouve donc affectée. Fini l’espoir de voir une Mauritanie où le citoyen lambda ne doit pas se soucier de son avenir politique hypothéqué par des élections. Où il ne doit pas avoirs des soucis si le président est du nord ou du sud, noir ou blanc. Parce que nous avons une constitution qui nous garantit nos droits d'Homme et de Citoyen. Enfin je hais cette recherche (de) béatitude terrestre que l’actuel chef de l’Etat veut à tout prix et que je sois pendu si on l'accepte.


Dr Ahmed salem Ould Kleib
Centre Hospitalier national
Tel 00222.6673276

A quand le prochain coup d’Etat ?


"C’est ça la Mauritanie" Chronique du Dr. KLEIB Ahmed-salem
LE CALAME n°555 27 septembre 2006


«L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses; c ’est ainsi l’on grimpe dans la même posture que rampe
Swift (Jonathan)

"Mesdames, Messieurs, nous traversons en ce moment une zone de transition turbulente. Pour votre confort et votre sécurité, veuillez regagner votre place dans notre nouveau parti des indépendants et garder votre ceinture attachée jusqu’à l’extinction du signal présidentiel lumineux». Si vous avez déjà pris un avion, cette annonce vous est certainement familière: elle résume parfaitement l’ingérence outrancière du CMJD dans notre processus démocratique. Inciter les hauts dignitaires à quitter les partis politiques, en leur susurrant à l’oreille qu’ils ont plus de chances de gagner en faisant cavalier seul est un acte en contradiction avec la neutralité affichée au lendemain du putsch.
Après avoir utilisé les partis politiques en invitant leurs naïfs ténors au palais présidentiel pour légitimer le coup d’état et donner à l’opinion internationale l’impression d’un changement, ils veulent les vider de leur moelle électorale aujourd’hui qu’ils ne servent plus les intérêts des militaires.
L’actuelle ingérence du CMJD est de ce point de vue assez symbolique des limites des pouvoirs de chaque colonel par rapport aux autres. Leur impuissance réside dans le fait qu’ils ne maîtrisent pas le cours des événements, car ils n’ont pas de prise sur le processus politique et qu’ils ont raté l’occasion d’interdire les partis au moment opportun. Ils veulent faire marcher les chefs de tribus au pas et ils veulent nous dicter notre choix politique comme pour le récent Referendum.
Or c’est en nous laissant dicter nos actes, dicter notre vie, nos choix électoraux, que nous ne permettons pas à la Mauritanie de s’ériger en symbole de réussite démocratique. Au contraire, nous laissons notre pays à la dérive sociale et culturelle, où le citoyen n’a pas de place, si ce n’est dans la soumission au clan.
Le 3 août 2005, Ely Ould Mohamed Vall alias EOMV devenait le énième militaire à accéder à la tête de l’État, suite à un coup de force pacifique. Après des années de corruption et de répression sous l'ère du président Ould Taya, le peuple mauritanien pouvait enfin espérer accéder à la démocratie.
Sitôt au pouvoir, EOMV a fait semblant de rétablir les institutions démocratiques sur la base d'une nouvelle constitution adoptée le 25 juin 2006. De plus, il entreprit de nombreuses démarches folkloriques, dont d’importantes journées de concertation destinées à l’opinion internationale.
Pour ceux qui, au lendemain du 3 août, ont affiché une joie et une euphorie qui n’a d’égal que l’importance de l’événement, la déception est aujourd’hui de taille. Comme vous le savez, le pouvoir, on y prend goût et la durée de la transition risque de devenir très élastique. Les militaires se moquaient de nous en cachette et voilà qu’aujourd’hui ils le font ouvertement. Pourquoi cette pression miltaro-élitiste sur des hauts dignitaires du pays?
D'abord parce qu'il semble que l’on veut se protéger de l’après -transition. Ensuite il y a les énormes enjeux économiques qui peuvent être tirés du pouvoir et l’émergence d’un nouveau pôle tribalo- financier. Puis l’entourage du pouvoir qui s’enrichit minute après minute grâce à la spéculation immobilière facilitée par la thésaurisation et le gel des fonds publics à la BCM et au trésor national, l’attribution de la 3° licence de téléphonie mobile et d’autres avantage que seul le pouvoir peut procurer. On sent là l'influence d'un groupuscule qui prend goût au pouvoir et tient à influer sur les futures élections. Le silence des partis politiques et de la rue mauritanienne, celle-là même qui a légitimé les militaires à travers liesses populaires et déclarations de soutien à travers la presse, témoigne de l’immaturité politique de notre pays. Pendant que des hommes et leurs femmes jouent une partie de Monopolyâ avec les biens de notre État, d’autres jouent avec notre avenir politique sans susciter la curiosité de notre presse nationale. Il est vrai que la liberté de notre presse est une fierté nationale, même si elle ne fait pas la nôtre (toute presse confondue). Une liberté voulue et mûrement réfléchie. Elle a été permise dans le dessein de laisser les citoyens se chamailler et se calomnier. Il n’y a jamais eu d’enquête administrative ou militaire suite à un article paru dans un journal, ou après une déclaration sur une radio ou à la télévision. À quoi sert-il encore d’écrire ou de parler, voire de lire dans ce climat austère? À moins d’être irrémédiablement crétin, chacun connaît désormais la suite : nous y sommes et nous y resterons.
Avec des tas de militaires putschistes récidivistes, il serait prudent de tenir sa promesse. Il est donc dans l’intérêt des vaillants membres du CMJD de tenir les leurs.
Je ne peux que dénoncer à la fin l’ingérence dans notre processus électoral (qui n’est finalement qu’un cache-sexe pour des intentions inavouées) et susurrer à mon tour dans l’oreille des colonels que si cela continue, la défiance envers le CMJD serait telle que plus personne ne les soutiendrait face à un éventuel retournement de la situation. Les Mauritaniens veulent le pain, la liberté et la démocratie.


Dr Ahmed salem Ould Kleib
Centre Hospitalier national
Tel 00222.6673276

Président, LEVE-TOI!

"C’est ça la Mauritanie" Chronique du Dr. kleib Ahmed-Salem
Le calame n°553 du mercredi 13 septembre 2006

"Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde
un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps."
Abraham Lincoln

La rentrée politique, aye! La rentrée militaire de cette année s’annonce timide, voire sans perspectives. (Pardon pour ce lapsus). Les militaires brillent par l’absence d’idées innovatrices, de programme précis en dehors des trois termes galvaudés qui ponctuent leur discours politique: changement, transition et bonne gouvernance.
Les partis politiques sont quasi invisibles, preuve de leur incapacité à se redéployer sur l’échiquier, pendant que le ballet des dignitaires continue. Ceux qui avaient parié gros sur le cheval PRDS, en sacrifiant leur jeunesse et leur famille, se retrouvent aujourd’hui avec un cheval à la jambe fracturée et au cavalier éjecté.
Si les militaires veulent du bien à ce pays, qu’ils s’éloignent de la haute sphère décisionnelle juste après la prétendue transition. Et qu’ils s’acheminent vers la retraite anticipée ou la reconversion. Tant que les membres du CMJD seraient en activité, aucun pouvoir libre et démocratiquement élu ne pourrait exercer pleinement. Alors, demander aux militaires du CMJD de prendre la retraite anticipée et de tenir leurs promesses, c’est comme demander au chef de l’État de se raser les moustaches. Parce que les promesses qui accompagnent chaque coup d’État obéissent à la nécessité. Et, comme l’a dit Machiavel: " toutes les promesses que la nécessité arrache, seule la nécessité les fait observer".
Au moment où se profilent les futures échéances électorales, des craquements se font sentir à nouveau sur les fronts militaire et social, menaçant de ramener le pays au bon vieux temps.
Il ne faut pas nous faire croire que ce qui nous a cruellement fait défaut, depuis l’indépendance, est un vrai chef à la tête de l’État, un homme d’action capable de traduire dans les faits nos aspirations sociales et nos désirs de modernité. C’est l’enjeu de la future élection présidentielle. Il est absurde que tout citoyen qui n’a comme bagage intellectuel ou cursus politique que ses quarante ans révolus, se présente à la magistrature suprême. Si c’est ainsi, il faut nous préparer à voir des candidats inattendus qui vont gâcher ce rendez-vous. En RDC, il y avait 33 candidats. En Mauritanie, il y aura plus d’un million de candidats. Le pays du million de poètes cède de la place au million de candidats. Loin de la pensée de Lionel Jospin qui disait “Présider est essentiel. Le chef de l’État est élu par le peuple, au suffrage universel, et non nommé. Son élection est l’acte initial et décisif d’une nouvelle période politique. Le Premier ministre pense au tête-à-tête avec le Président; le Président est en tête-à-tête avec le peuple”.
Malheureusement tous les candidats déclarés ou non déclarés à nos jours n’incarnent pas les valeurs auxquelles le peuple aspire.
Chaque candidat, mis déjà sous les feux de la rampe, cherche les faveurs de l’un des membres du CMJD qu’il courtise en cachette afin qu’il fasse de lui son poulain. Voilà des candidats déconnectés des attentes de chacune et chacun d'entre nous.
Il semble que les partis sont dans l’incapacité de gérer le flot interne d'ambitions chez eux. Ce qui ne laisse pas augurer d’une véritable avancée en faveur de la maturité politique. Cet été, il y a eu des pluies diluviennes à Nouakchott pendant que les candidatures à la présidentielle n'ont été victimes d'aucune sécheresse...
PRÉSIDENT, LEVE-TOI!
Regarde autour de toi, au-dessus de ceux qui t’entourent, de ceux qui ont berné ton prédécesseur, ceux qui te font croire que tu es le plus juste, le plus honnête, le plus…., le messie des temps modernes. Qui iront jusqu'à te dire que la Mauritanie sans toi allait perdre une voyelle ou une consonne…. C’est sur cette injonction biblique formulée courageusement et naïvement (car on ne donne pas d’ordre à un Président) que j’ai choisi de terminer. Oui, je me permets de tutoyer ce Président, pour qui j’éprouve une certaine familiarité. Avant le trois août, j’ai contribué comme beaucoup de mes compatriotes à la constriction de son palais. J’ai toujours payé mes IPQ- impôts policiers quotidiens-, et je contemple chaque jour son Taj Mahal à l’îlot C en allant soigner les pauvres à l’hôpital national.
Alors, PRÉSIDENT, LEVE-TOI et marche tout droit vers une sortie honorable, la tête haute, le regard droit, sans te soucier de la tribu qui fait allégeance au vu et au su de tout le monde à un parti politique à quelques consonnes. Preuve que tu as prôné une rupture avec le passé. Et ne retourne plus au pouvoir.
Dr kleib Ahmed Salem