pour me contacter : Il suffit d'envoyer un mail à = nebgha2000@yahoo.fr ou de laisser un commentaire

Bienvenue sur le plus ancien blog mauritanien francophone encore en activité

14 mai 2016

MES RAISONS DE DIRE NON AU REFERENDUM SUR LA CONSTITUTION DU 25 JUIN

«Un homme en colère est un homme qui n'a pas su dire non et éprouve, en plus, le remords de ne pas l'avoir fait.»
Tahar Ben Jelloun

A quoi sert un referendum, si l’on doit voter impérativement par un OUI? Alors pourquoi dépenser les bien publics si le choix du OUI doit l’emporter sur le non ? Pourquoi nous imposer le seul et unique choix du OUI comme celui du bien sur le mal. Pourquoi donner autant de moyens pour ceux qui prônent le OUI, à leur tête le chef de l’Etat? Ce président qui sillonne le pays, pour nous imposer le vote massif du Oui pour une histoire à dormir debout de serrures, de cadenas et de tracts fictifs. Tout cela au frais du contribuable mauritanien. Nous appâter par l'amendement de 3 articles de la loi fondamentale : la réduction du mandat présidentiel à 5 ans, un mandat renouvelable une seule fois, un verrouillage juridique qui fait qu'aucune procédure de révision de la constitution ne soit possible. C’est nous sous-estimer et au delà mettre un doute la maturité du peuple mauritanien.

Plutôt, Instaurons un vrai débat sur cette constitution et exigeons un décompte de temps de parole, pour les partisans et les détracteurs du OUI. Priver le chef de l’Etat fervent défenseur du OUI , de sa lépreuse TVM qu’il semble squatter avec la complicité de l’AMI, alors que aucun NON ne se fait entendre sur nos médias.
Cette occasion unique qu’a le peuple mauritanien de dire NON à un gouvernement, de le désavouer massivement pour la première fois est à saisir d’une main de fer. Ainsi le chef de la junte et son « Gouvernement à usage unique » pour ne pas dire familièrement « Gouvernement jetable » en tireront les conséquences de leurs choix et sauront que l’on ne pourra pas toujours suivre ceux qui ont le pouvoir comme des moutons de panurge. Quant au peuple, en montrant son refus d’entendre et de respecter la volonté d’un groupe qui veut lui imposer à travers les urnes son choix du OUI pour cette Constitution relookée avec très peu de changement, il aura acquis le principe fondamental de la démocratie celui d’avoir un choix, un vrai choix réfléchi et réaliste. Si le peuple savait que les pères de la constitution de 1991 sont actuellement les charpentiers de cette illusion de changement de 2006, Il mesurerait à leur juste portée ces mots de Peter Genestet « Heureux et libre est celui qui ose dire non ! »

Même si Le texte du projet porte uniquement sur les articles modifiés de la constitution du 20 juillet 1991 qui stipule dans son nouvel article 99 qu’«aucune procédure de révision de la Constitution ne peut être engagée si elle met en cause l’existence de l’Etat ou porte atteinte à l’intégrité du territoire, à la forme républicaine du gouvernement, au caractère pluraliste de la démocratie mauritanienne ou au principe de l’alternance démocratique au pouvoir et à son corollaire, le principe selon lequel le mandat du président de la République est de cinq ans, renouvelable une seule fois». On aura un homme fort avec des pouvoirs illimités. Qui dit un homme fort dit une tribu forte et une région privilégiée et si il y a des puissants, il y aura forcement des faibles, des soumis et des exclus.

Souvenez-vous de cette Constitution de 1991 qui avait proclamé la Mauritanie "République islamique, arabe et africaine". Elle a été violée, et greffée avec le fameux article 104 issu de l’imagination illimitée de l’entourage du président. Reste enfin qu’est ce qui immunise la constitution de 2006 par rapport à celle 1991?
La garde présidentielle, la maturité des militaires ou la vigilance du peuple mauritanien ? Nous le saurons bientôt.

Faire confiance à la junte au pouvoir comme le font actuellement la majorité des partis politiques, alors que les vrais changements se font toujours attendre, relève de la naïveté ou de l’autisme intellectuel. Le frangin du premier président et le cousin du dernier président déchu en ont fait les frais. Rien qu’a les voir dans le sillage du moustachu de notre palais de marbre pour se dire que rien n’a changé, surtout en profondeur ; les promesse de Démocratie et de liberté restent des promesses: la réalité mauritanienne dément toute logique scientifique et toute les prévisions économétriques. Nous n’avons pas la notion de l’Etat ni de la hiérarchie, même sous la houlette d’un gouvernement d’exception ou sous la botte d’une triade de colonels et leurs vassaux nous restons des bédouins orgueilleux.
Un éditorialiste français a qualifié l’après 3 août d’ère de liberté et de démocratie par ces mots: les mauritaniens sont devenus libres, ils peuvent actuellement écouter RFI en ondes courtes FM : quelle définition primitive de la liberté ! Un autre mauritanien a qualifié l’après 3 août d’ère de liberté et de démocratie on peut voir Hindou du journal le calame et Ould Daddah à la télévision ! Et Alors !

Par contre voir le putschiste du 8 juin à la télévision publique est une insulte à la mémoire des victimes du putsch, civiles ou militaires. Pour les crimes, la prescription intervient des décennies après l’acte, si aucune procédure n’a été entamée contre l’auteur du crime et non par la création d’un parti.
Voilà le changement tant attendu n’a pas eu lieu, les partis politiques se sont regroupés et ils se soucient plus de leur financement que des problèmes qui secouent la société mauritanienne.

Les élections qui se profilent a l’horizon serviront à réconforter un nouveau parti politique qui va vite se « PRDSiser » : en s’ouvrant à tous les transfuges des autres partis perdants pour devenir un parti- Etat, ainsi il s’implantera partout avec les moyens de l’Etat, et inventera une nouvelle idée apparentée à celle du défunt livre et ses innombrables maisons : les perdants dénonceront la triche,les urnes bourrées, de bureaux de vote volants et les observateurs étrangers bernés et l’inaptitude de la CENI sous la commande quasi militaire de son président. Si ça rassure le Tchad a aussi une CENI.
D’où cette question en forme d’appel au secours : Qui pourra transgresser le principe qui régit le fonctionnement même de ce système en voulant devenir un vrai chef d’Etat à part entière dans ce pays où l'armée fait et défait les présidents ?

Une chose est sûre : il y a quelque part quelqu’un qui tire les ficelles du pouvoir et ce n’est pas l’actuel président qui lui n’est qu’un acteur d’une dramatique pièce de théâtre sur fond de décors de démocratie en cinq actes par ordre, cette parodie des journées de concertation, le referendum, les municipales, les législatives et les présidentielles, mise en scène par des éminences grises bien de chez nous, quant à la production, elle est assurée par les finances publiques.

Enfin, était-il vraiment nécessaire d’organiser un référendum ?
C’est sûr que le gouvernement, et le Président ont un autre point de vue sur la question. Il y a sûrement des considérations qui ont poussé le CMJD à proposer ce référendum. Il fallait lire entre les lignes du discours présidentiel « One man show » le souci de bonne gouvernance, équilibres internationaux en oubliant peut-être les équilibres nationaux et sa richesse douteuse. Il faut arrêter cet abus dans l’utilisation des techniques censées mesurer les rapports de force, les tendances au niveau de l’opinion publique et les valeurs, aux fins d’apporter un plus, des améliorations. Il y a abus en nombre d’élections et de référendums, dans un laps de temps aussi court, souvent aux dépens des valeurs, que sont la participation du citoyen, le libre choix, le débat, la transparence. Ainsi le citoyen risque de se dire que les élections et les référendums, sans âme ni valeur, ne sont qu’un jeu politique, destiné à convaincre les instances internationales, au détriment des intérêts des mauritaniens. Alors que Personne ne doute que les mauritaniens méritent infiniment mieux.

Dr. KLEIB Ahmed Salem
Médecin - Hopital national


mise à jour: 
Cet article a été publié  dans le journal le calame avant le referendum sur la constitution  en 2006
je l'ai retrouvé sur le site  AVOMM
http://www.avomm.com/MES-RAISONS-DE-DIRE-NON-AU-REFERENDUM-SUR-LA-CONSTITUTION-DU-25-JUIN_a836.html

5 novembre 2015

Santé, Mensonges et Pouvoir

« Existe-t-il pour l'homme un bien plus précieux que la santé ? » (Socrate).

J’ai choisi de porter l’étendard d’un lanceur d’alerte, pour prêcher l'impatience et la colère de tout un peuple. Quoique je n’aie pas les moyens d’investigations d’un juge d’instruction, ni ceux de la police nationale, j’ai ce témoignage, à travers des rencontres et des faits réels, en essayant de ne pas trahir le secret médical. J'ai rencontré le ministre  de la santé, Ould Jelvoun, un vendredi matin, à la clinique Chiva. Il était venu visiter une patiente hospitalisée. Il voulait mon avis médical car le cas l’inquiétait. « Je veux juste », me dit-il au cours de la conversation, « la garder ici  en hospitalisation, en attendant de l'évacuer en Tunisie ». Ma réponse fut extrêmement rapide et cinglante. « Monsieur le ministre de la Santé, je suis vexé, comme sûrement les sept cents médecins de ce pays. Si le ministre de la Santé envoie sa famille se soigner à l'étranger, c'est qu'il a échoué dans la mission qui lui a été confiée ». Il fut très surpris, tétanisé même, lui qui me dépasse de quelques centimètres et pèse quelques kilos de plus.
Quatre mois de fièvres et plus de douze décès s’en sont suivis, quatre mois d’incertitude et de peur. Lorsque  le seuil de la tolérance fut atteint, de jeunes citoyens se sont mobilisés, à coups de tags et de hashtags, pour faire sortir le ministre de son mutisme assourdissant. Pourquoi tout ce  silence autour de cette redoutable fièvre qui fait tant des ravages, malgré les appels, incessants depuis le mois de Juin, des urgentistes et des médecins praticiens ?  Ou  sont les familles des malades, où est  la société « Si-vile » car une plainte  devant une cour  pénale pour négligence ayant entraîné la mort est réellement recevable ?
Au-delà de  cette mission de porte-parole, autoproclamé et volontaire, d’une population exaspérée, permettez-moi de vous révéler une autre affaire et non des moindres. Notre service de neurochirurgie veut acquérir un microscope opératoire. Nous avons cherché des offres, sur Internet, avec un bon rapport qualité-prix. L’une d’entre elles a retenu l’attention des neurochirurgiens. Un microscope  avec un bon rapport qualité-prix, qui nous coûterait, une fois livré à Nouakchott, 38 millions d’ouguiyas. La loi stipule qu’une commande de moins de 50 millions peut être payée par le ministère, via sa filiale CAMEC. Ne voyant aucun avantage et aucune retombée  pour son département, le ministre a lancé un appel d’offres public pour ledit achat. Qui dit appel d’offres,  dit, à la fin, prix de revient  avantageux, au propre et au figuré. Je vous explique : le fournisseur  propose le triple du prix dans un pli cacheté. Les fournisseurs ont leurs habitudes, c’est une famille corleonienne. Ils peuvent s’associer pour un dépôt collectif ou individuel, après s'être concertés. Alors que le but d’un appel d’offres  est de mettre plusieurs entreprises en concurrence, pour fournir un produit ou un service. Une fois le marché adjugé au moins disant – ou au mieux disant, peu importe, puisque c’est toujours le même microscope – il a droit à un acompte de  30% du prix. Et, comme par hasard  c’est juste ce qu’il lui faut pour acheter le microscope ! Où vont les millions qui restent ? Ils serviraient à des rétro-commissions au ministère de la Santé, au Trésor public  et à la commission des marchés. C'est ça, la liberté ! Comme disait un  grand maitre à penser en l’actuel président du Sénat – loin de moi tout fantasme de l’ironie,  car je suis sérieux –  « Personne n’en veut d’un marché aussi sec ». Depuis l’annonce de cet appel d’offres, je n’ai pas arrêté de recevoir des coups de fil de fournisseurs qui se demandaient : « C’est quoi, un microscope opératoire ? »
Après la santé, voilà le triste bilan d’un président qui se croyait si  proche des jeunes et des pauvres. L’éducation nationale a été sacrifiée, les intellectuels – ou ce qu’il en reste – ont été  crucifiés. Je ne parle pas de ceux que j’ai vus et entendu braire, au nom du parti unique ou de l’auto-concertation narcissique, mais de ceux qui ont été contraints de prendre le chemin de l’exil. L’armée nationale est devenue une marchandise comme une autre. L’unité nationale n’a jamais été aussi menacée. Voilà où nous en sommes : une minorité de néo-nantis qui affiche, avec insolence, une richesse  soudaine, à côté de la misère pleurante et gémissante. La peur du lendemain incertain, au cas où la Constitution sera retaillée. Certains proches du général Aziz  nous promettent que non. Pourtant, en Afrique, « Y en a qu’ont essayé, ils ont eu des problèmes ! » comme disait Chevalier et Laspales (Le train pour Pau).
Enfin une note d’optimisme, dans ce milieu de brutes, pour ce millième numéro.  Nous devons cette belle longévité à la bande d’iconoclastes qui résiste, dans ce minuscule village qu’est « Le Calame ».  C’est une belle réussite de conciliation et d’enrichissement mutuel, dans un contexte national  où le dialogue s’avère, « parfois souvent », impossible. Il faut les côtoyer pour comprendre. L’esprit  du fondateur  Habib ould Mahfoudh qui fut mon professeur au lycée de Nouadhibou veille discrètement sur les lieux, pendant que le directeur Ahmed ould Cheikh s’essaie au management participatif, afin de gérer les journalistes, avec un mélange subtil de talent et de génie, animés d’une volonté tenace d’informer avant tout : Sneïba, Thiam, Athié, Jiddou et Mansour. C’est à eux que revient tout le mérite. Il y a longtemps, un homme de beaucoup de génie a dit : « « Le mérite a seul droit aux fureurs / C’est un poison  heureux qui conserve la vie / Quand la haine se tait on demeure oublie / Et malheur à celui qui n’est point envie »…

Docteur Kleïb  Ahmed Salem
Citoyen dégoûté et sans doute pas le seul
journal le calame 4 November, 2015 - 09:42 le numero 1000

20 juin 2015

Le Making-of de cette interview.






:
Interview exclusive au journal Le Calame de l'administrateur du site CRIDEM
Mr Claude K nous a quitté un vendredi 26 septembre 2014 et nous le regrettons. Nous reproduisons sa première interview accordée un journal mauritanien le calame réalisée par Dr kleib et le Making-of de cette interview. 
"Un jour pendant que j’étais interne dans un hôpital parisien (Centre Hospitalier Sainte Anne) j'ai reçu un appel téléphonique: je suis Claude K webmaster de cridem. Je vous appelle Docteur pour m’excuser de ne pas pouvoir publier votre papier vu le nombre de propositions que je reçois par jour. Je lui ai répondu qu’au début de son aventure cridemienne, il mettait volontiers mes publications en ligne sans me demander mon avis dés qu’elles apparaissaient sur le site Mauritanienet ou sur le site du journal lecalame.info et voilà qu’au aujourd’hui il refuse de mettre en ligne mes articles, je trouve ça indécent. Il m’a expliqué les contraintes techniques qu’il rencontrait et le coût financier pour maintenir en vie le site sous perfusion et les sacrifices qu’il consentait tant sur le plan professionnel que familial pour maintenir en vie ce site. j'ai trouvé que cette histoire était humainement formidable. Il croyait fermement à son projet. Quant à moi avant ce coup de fil, J’ai toujours pensé que le site cridem était géré par des mauritaniens de la diaspora comme se fut le cas pour Mauritanienet, FAAS, etc… Dés que j’ai su que c’était un étranger qui administrait le site le plus visité par la communauté francophone mauritanienne, j’ai demandé à mon ami Ahmed ould cheikh directeur du journal le calame si ça l’intéressai d'avoir une interview de claude K. Comme c’est un journaliste avisé, il a fleuré le scoop et  évidement il a accepté. J' ai rappelé Claude K le jour suivant (5 avril 2007) et on s’est donné rendez vous au bistrot du coin Villa Saint-Jacques 1 Boulevard Saint-Jacques 75014 Paris France (voir photo )autour d’un bon expresso. Il était 14 heures. Il est arrivé à l’heure. Il avait une barbe blanche et il fumait cigarettes sur cigarettes. Il a accepté que l’interview soit enregistrée. …..la suite bientôt ----------------------------------------------------------------------------------- 


Qui se cache derrière CRIDEM ?
12 avril 2007

Le Calame : Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs de notre journal?
Je suis Claude K., né en France en 1953, Strasbourg, Alsacien résident à Paris. Mon père est originaire du Maghreb. Ma mère est originaire d’Allemagne et ma femme est d’origine turque. Mon père était un ancien militaire. Il a souhaité que je fasse l’école militaire. À 13 ans, j’ai passé le concours et j’ai été reçu en 1966 à l’école militaire du Mans. C’est là que j’ai rencontré des élèves mauritaniens, entre autres Ely O. Mohamed Vall, Moustapha Diop, Dahane O. Ahmed Mahmoud… et d’autres dont je n’ai plus les noms en mémoire.
Le Calame :Une relation d’amitié est née alors?
Claude K : Les Mauritaniens n’avaient des vacances qu’une fois par an, alors que nous français, avions les vacances de Noël, Pâques et les grandes vacances d’été. Comme Moustapha Diop m’était le plus proche, je l’ai invité pour passer les fêtes de noël 1967 dans ma famille à Strasbourg et ce jour-là est née une véritable fraternité.
Le Calame : Ensuite?Claude K : J’ai quitté l’école militaire en 1970 pour retourner dans la vie civile, alors qu’eux ont poursuivi une carrière militaire; ensuite ils sont rentrés dans leur pays où ils ont continué leur chemin et on s’est perdu de vue. J’ai été salarié pendant 20 ans comme responsable de catalogue de vente par correspondance et je me suis mis à mon compte en 1995 en tant que consultant en marketing et webmastering.
Le Calame : Comment vous vous êtes retrouvés de nouveau, Moustapha Diop et vous?
Claude K : À la fin de l’année 2003, je reçois un mail de Moustapha Diop où il me dit être arrivé en France. Je l’appelle dans la foulée et une heure plus tard, nous nous retrouvons. Moment d’émotion intense, vous l’imaginez bien. Là, nous échangeâmes longuement sur nos différents parcours et je compris ses déconvenues. Et plus que lui encore, comme il aime à le répéter, les malheurs dans lesquels était imprégné son pays. J’ai découvert alors que ce pays était dirigé par un dictateur et que les atteintes aux droits de l'homme étaient courantes. Il était très ému, car pour la première fois, il quittait son pays en laissant tout derrière lui, comme l’avaient fait d’autres, bien avant.
Le Calame : Quelle a été votre réaction?Claude K : Je lui ai demandé comment je pouvais lui donner un coup de main pour dénoncer ce régime et l’appuyer dans un combat qu’il était déterminé à poursuivre. On a convenu que le moyen le plus simple et le plus rapide était de faire d’abord un site Internet. Nous avons fait une recherche sur les sites existants à l’époque et traitant de la Mauritanie.
Le Calame : Comment avez-vous trouvé ces lieux?Claude K : Nous avons été marqués par le dialogue sur ces forums. Tenant compte de ces éléments, je lui ai proposé de créer un véritable site où nous mettrions l'information, donnerions la parole dans un premier temps aux mouvements de l’opposition, à la société civile, aux médias officiels et privés, à la FIDH, à SOS Esclaves, etc. et donner la parole aussi à ceux qui veulent exprimer une opinion personnelle.
Le Calame : Aviez-vous fixé une ligne de conduite?
Claude K : Nous nous sommes fixé des règles strictes, pas de vengeance, pas d'insultes, pas de propos diffamatoires, ni sous la ceinture… .
Le Calame : Le début du site?
Claude K : Alors que je ne suis pas informaticien et n’avais par conséquent aucune notion de programmation, j’ai pu réunir tout ce qu’il fallait pour mettre en place un site test et commencer mes premières mises en ligne. Cette recherche de publications a été plus tard la base de mon travail quotidien. Un ami nous a aidés en hébergeant le site. J'ai mis en ligne, courant février 2004, un certain nombre d'articles (une vingtaine) tirés de différentes sources sur la toile qui correspondaient à la ligne de conduite politique que l'on s'était fixé, Moustapha Diop et moi. Lui n’y connaissait rien non plus à l’informatique. Il m’a donné carte blanche, car nous convergions et continuons totalement à confluer sur les idées.
Le Calame : Pourquoi le choix du nom CRIDEM?Claude K : C’est Moustapha Diop qui a trouvé le nom Convergence Républicaine pour l'Instauration de la Démocratie en Mauritanie, qui doit être une plate forme de rassemblement pour tous les Mauritaniens, où ils se retrouveraient, où ils auraient la parole. On a défini une philosophie, une ligne éditoriale qui est aujourd’hui la même malgré l’évolution qui a eu lieu en Mauritanie.
Le Calame : Comment arrivez-vous à faire le choix des sujets que vous mettez en ligne?Claude K : Nous essayons toujours de rester dans la ligne de ce que l'on s'est fixé à l'origine, celle d’offrir la parole à tout le monde en respectant certaines règles. Chaque jour, il faut faire une recherche sur tous les sites qui traitent de la Mauritanie. Je visite différents sites de la Mauritanie, du Sénégal, les dépêches des agences de presse, tout ce qui est francophone. Si le sujet me semble pertinent et apporter quelque chose au débat, je le sélectionne et le publie.
Le Calame : Êtes-vous influencé dans votre choix?Claude K : N’étant pas originaire du pays et ne connaissant quasiment personne, il ne peut y avoir la moindre influence de qui que ce soit sur moi. Il en est de même avec Moustapha Diop, administrateur du site, avec lequel je me concerte tous les jours. Mais j’avoue que très souvent, le dernier mot me revient dans le partage des rôles que nous nous sommes faits.
Le Calame : Est-ce que vous savez que le site CRIDEM est devenu une référence en Mauritanie?
Claude K : Au démarrage en 2004, le site faisait quelques dizaines de visites par jour. Puis le nombre est monté à une centaine et a continué à progresser au fil des mois. Au mois de mars 2007, le nombre de visites était supérieur à 170.000. Avec une moyenne de 5.000 visites par jour, il est devenu l’un des sites les plus visités, puisqu’il est classé rang 4 sur Google RANK et notre classement sur Alexa est en progression constante. Samedi 7 avril par exemple, Cridem était classé 72.000ème au rang mondial de la toile. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes.
Le Calame : Qu'est ce que ca vous fait à titre personnel?Claude K : On ne va pas jouer au faux modeste, il y a une satisfaction personnelle évidente. Lorsque l’on s’investit quotidiennement comme je le fais depuis plus de trois ans, et que le but recherché est presqu’atteint, que Cridem a pu permettre à des gens de différentes convictions de se retrouver et d’échanger des opinions dans la courtoisie et le respect mutuel, on ne peut que s’en réjouir. Si Cridem a pu participer un tant soit peu pour faire avancer les choses en Mauritanie, je considère que le but est atteint.
Le Calame : Vous n’êtes pas mauritanien et vous militez pour une autre Mauritanie, pourquoi?Claude K : L’esclavage, le racisme, la torture, la dictature… où qu'ils soient, doivent être dénoncés. Il ne faut pas perdre de vue que le site à été créé à l'origine pour dénoncer cela. Donc, on ne peut pas, que l'on soit anglais, français ou allemand, être étranger à un problème qui touche aux droits humains. Fort heureusement, depuis le putsch de 2005, il y a eu des avancées positives, il faut le reconnaitre. Il reste malgré tout beaucoup de choses encore à faire, l’ouvrage devant sans cesse être amélioré. Des efforts devraient être consentis pour l’éradication de l’esclavage, une cohabitation harmonieuse et le règlement du passif humanitaire.
Le Calame : Si vous avez un message personnel à adresser à votre ancien ami Ely, ce serait quoi?
Claude K : Là, vous me posez une question qui touche à mes sentiments personnels. Ely, qu’est-ce que je pourrai lui dire? À l'époque où je l'ai connu, c'était un garçon timide et discret. Cela a été le cas, je pense, durant les 20 ans où il a été directeur de la sûreté nationale. Il n’est venu sur le devant de la scène qu’en août 2005. Je suis convaincu qu’il a ouvert une porte qui peut mener vers une véritable démocratie, vers un État de droit. Cette porte, il faut maintenant la franchir. C’est aux acteurs politiques et au peuple mauritanien de saisir cette grande chance pour continuer dans cette voie. Il a permis à la Mauritanie d'aller vers une voie consensuelle qui est meilleure, je l'espère. Maintenant, il faut voir comment les choses vont évoluer. Je ne dirai pas que LES conditions sont là pour aller vers la démocratie, mais DES conditions sont maintenant réunies pour évoluer à un autre stade de réconciliation.
Le Calame : Comment avez- vous trouvé les dernières élections mauritaniennes?
Claude K : Pour un étranger, suivre les élections comme cela s'est passé en Mauritanie, c'est un peu étrange. C'est un monde obscur. J’ai été très surpris de lire par ci et par là, et je l'ai publié sur Cridem, la tribu «X» a rallié Daddah, celle d’«Y» Sidi, et la fluidité des militants, chose impensable en France. C’est comme si on disait que la tribu du maire de Tours a rallié Sarkozy ou Fabius a rallié le Pen. Ce sont des choses qui me surprennent et que j'ai du mal à comprendre et à concevoir. Mais j’apprends…
Le Calame : Est-ce qu’on vous a reproché de favoriser un candidat?Claude K : La position de Cridem a toujours été la même: offrir la parole à tous les candidats. Cridem a été, hormis le site de l’AMI, le seul site à publier quotidiennement des informations sur les 19 candidats a l'élection présidentielle.
Le Calame : Vous avez eu un différend avec RFD info?Claude K : Lorsque le site RFD INFO a été crée, j'ai immédiatement mis en ligne l'annonce de sa création et j'ai publié les premiers articles qui émanaient de RFD Info, jusqu'au jour où cet organe m'a soumis un article que j'ai validé en mentionnant la source «RFD info». Dans l’heure qui a suivi, l’origine de cette publication a été démentie par RFD Info. Aussitôt, j'ai décidé de bloquer la source en question. Mais par contre, j'ai continué à publier les dépêches et articles de presse sur le candidat du RFD. Cette situation a créé un certain déséquilibre en faveur de Sidioca, c’est incontestable. Je regrette profondément une telle attitude, d’autant plus que ce même communiqué a été publié par RFD Info sur l’ensemble des forums mauritaniens dès le lendemain. Je ne comprends toujours pas une telle attitude…
Le Calame : Quelle est votre source de financement?
Claude K : Le site est entièrement financé par mes soins et vu que le nombre de visiteurs a augmenté de façon considérable, il a fallu que je passe d’un serveur mutualisé à un serveur dédié. J’ai dépensé, de mes fonds propres, plusieurs milliers d'euro pour poursuivre cette aventure. À ce jour, aucune pression n’a eu d’effet sur nous. Nous ne sommes pas à l’abri d’erreur d’édition et il y en a surement eu, mais elles sont bien involontaires. Jusqu’à ce jour, il n’y a pas eu de publicité sur le site; s’il devait y en avoir, ce que nous souhaitons dorénavant, cela n’altèrera en rien notre indépendance absolue et notre ligne éditoriale
Le Calame : Avez-vous visité la Mauritanie?
Claude K : Je n’ai jamais mis les pieds en Mauritanie. C’est pour cela que je pense pouvoir offrir une certaine objectivité et neutralité. Je ne suis influencé ni par un parti, ni par un homme politique, ni par un chef de tribu, ni par un militaire, ni par qui que ce soit. L’idée que je me fais de la Mauritanie, je me la fais à travers la presse et les débats contradictoires avec certains amis de divers horizons.
Le Calame : Comment voyez-vous l’avenir de la Mauritanie?
Claude K : J'ai l'impression qu'on va vers la bonne direction, même si il y a encore beaucoup de travail. À mon sens, il faudrait un certain renouvellement de la classe politique. Une nouvelle génération de politiciens devrait émerger, qui s’imprègne du passé pour regarder vers l’avenir.
Le Calame : Le site doit vous prendre assez de votre temps
Claude K : Cela fait trois ans et demi que je consacre à ce site plus de 12 heures par jour. Ce qui a une incidence sur ma vie familiale et professionnelle, à tel point qu’au lendemain du coup d’état du 3 août, j’avais suggéré d’arrêter le site pour reprendre une vie normale. Après débat avec Moustapha Diop, nous avons décidé de continuer encore. Et je ne le regrette pas.
Le Calame : Quelle serait la prochaine étape de votre combat?Claude K : Mon rêve serait de pouvoir traduire le site en arabe et dans diverses langues nationales comme le pular, le wolof, le soninké…, pour le rendre accessible à plus de mauritaniens. Et aussi, visiter la Mauritanie.
Le Calame : Avez-vous une histoire qui vous a marqué?
Claude K : C’est l’histoire cette petite fille de 12 ans qui a écrit dans le livre d'or du site: «je suis très très heureuse avant tout de me présenter au peuple Mauritanien car je suis une Mauritanienne d'origine née en France. J ai 12ans et je suis très contente de savoir par votre web qu’il y a la démocratie dans mon pays et je vous souhaite bonne continuation». C’est impressionnant, la convergence des générations sur le site, des vieux politiciens aux jeunes de 12 à 13 ans.
Propos recueillis à PARIS par Dr Kleib
pour le journal : Le Calame (Mauritanie)
source cridem via journal lecalame

31 octobre 2014

Apres Ben ALI a qui le tour


extrait du journal le calame(lien)
En Tunisie, le peuple s’est soulevé après qu’un chômeur diplômé de Sidi Bouzid s’est immolé par le feu, lorsqu’un policier municipal a confisqué son chariot de légumes. Les images et l’information ont vite franchi les frontières en brisant les remparts de la censure du régime policier de Ben Ali. C’est un peu grâce à Internet, Facebook, Tweeter et un coup de pouce des télévisions satellitaires arabes, Aljazeera et El Arabia, que le soulèvement populaire s’est amplifié de jour en jour malgré les appels au calme et les promesses du président Ben Ali. Le lendemain, les travailleurs ont rejoint le cortège de protestation puis les avocats et les étudiants. Les jours suivants, la police a tiré a balles réelles sur les manifestants laissant des morts sur les pavés et une répression policière aveugle s’en est suivie, pendant que la télévision nationale TV7 (équivalent de notre TVM) continuait de diffuser des feuilletons et des divertissements comme si de rien n’était comme au meilleur des mondes possibles.

La hausse des prix des produits de première nécessité, le chômage et la confiscation du pouvoir par le président Ben Ali et par son entourage ont poussé le peuple tunisien à se révolter et donner un exemple de dignité et de bravoure à la Mauritanie, l’Algérie, l’Egypte, la Libye et la Jordanie, pays où tous les ingrédients à l’origine de cette révolte sévissent encore.
Le dictateur Ben Ali a battu une Tunisie moderne et développé à quel prix ? Il a bafoué les droits de l’homme, embastillé et torturé des opposants et des intellectuels et poussé à l’exil les dissidents politiques, il a muselé la presse et les médias. Il a transformé les tunisiens en robots, avec comme seules préoccupations, le sport et la musique. Ben Ali et son parti/Etat, le RCD, l’équivalent de notre UPR (fils du PRDS) ont façonné et dirigé la Tunisie d’une main de fer pendant 23 ans sous la protection de l’Occident. Le modèle économique tunisien salué par le Fonds Monétaire International n’a pas résisté à la soif de liberté. La communauté internationale, prise au dépourvu, est entrain de manœuvrer en secret pour garder sa main sur ce pays d’intellectuels et des braves. La révolution populaire est sur le point d’être récupérée par l’ancien appareil de l’Etat. Ils se serviront de la constitution comme alibi puis cuisiner un nouveau pouvoir qui va façonner les élections à sa guise. La même constitution qui a légitimé Ben Ali au pouvoir quatre fois et fait moisir Bourguiba à Carthage. S’il en est ainsi, c’est un échec de la révolution, des morts pour rien. A tous les dictateurs en place d’hier et d’aujourd’hui dont ceux qui sonnent le clairon des slogans creux de « président des pauvres», le message est clair. Le peuple ne se laissera pas berner par une ou deux routes bitumées pendant qu’une minorité s’accapare en toute impunité les richesses de l’Etat. Pendant que l’UPR, un parti/Etat embryonnaire, continue à verrouiller l’administration, à museler la presse par l’appauvrissement et interdire à l’unique télévision tout son de cloche différent de celui du Général.
La Tunisie m’a enseigné la médecine, et les tunisiens viennent de me montrer le chemin la liberté. Quel bel exemple !
Dr Kleib Ahmed Salem.
à lire dans le journal le calame (mauritanien)

14 septembre 2013

le sondage bidon du journal l'authentique

 
Quel excès de zèle que celui du journal l'authentique qui publie un encart sous le titre accrocheur « mon sondage » se rapportant a l’actualité humide qui agite notre capitale : Fatimetou mint CHEIKH  ecrit  "Seules 15% des maisons de Nouakchott ne sont pas affectées par les pluies contre 85% qui souffrent directement de leurs dégâts alors que 98% des familles affirment souffrir des dégâts collatéraux." S’agit-il d’une étude sérieuse ou d’un sondage fait maison ?  Devant l’absence des renseignements sur la méthodologie  et l’identité  de l’institut de sondage, hélas, ses chiffres n’ont aucune valeur.
Lors des élections précédentes on a vu  la publication de résultats de sondages électoraux par certains médias sans vérification .
Ce qui doit nous inciter à anticiper l'avenir afin d'elaborer de lois  "garde fous " contrôlant l’usage des sondages comme c’est le cas dans les pays nordiques, sur la base d’une méthodologie fiable ,documentée et vérifiable.
Toujours et selon ce journal : « A la question de savoir si la capitale du pays a besoin de connaître des hivernages pluvieux, 95% des personnes interrogées pensent que la ville peut s’en passer. » Aucun institut ayant prouvé son sérieux en matière de sondage, n’aurait publié des résultats pareils dignes d’une élection dictatoriale africaine. Actuellement En Mauritanie, Chaque journal et chaque va nu pied peut fabriquer un sondage sur mesure est sans aucune gêne.
 
 Pour en savoir plus vous pouvez lire :
 

12 avril 2013

Adressage de nouakchott


Dans la rubrique " article que j'aurais bien aimé écrire autrement"

Je viens de tomber nez à nez avec un ce post sur CRIDEM (cliquer ici) . Je ne vous cache point qu'il m'a interpellé. J’avais l’intension de traiter  ce sujet, Il y a quelque année sous un autre angle et j’attendais d’avoir assez d’éléments pour conforter mon hypothèse d’abus de bien public et  de vol en bande organisée.  Je salue l’effort de l'auteur de cridem  même, s’il a traité le thème de façon superficielle alors que sur le fond, il doit y avoir une grosse histoire de sous partis en fumé pour un projet qui n’a jamais vu le jour. Il s'agit d'un grand investissement qui a atterrit dans les poches d'une bande organisée en mafia  à travers un réseau des bureaux d'études pseudo fictifs et des hommes d’affaire véreux. Si l'on cherche à creuser jusqu’au bout on ne sera pas au bout de nos surprises. Le projet quoique ambitieux n'était pas destiner à une population qui ne sait ni lire ni écrire à plus forte raison compter dans sa majorité. Ce projet avorté  pourrait être ressusciter, Il suffit d’un bon sens et d’une bonne volonté.
Aujourd’hui personne n’échappe à l’adressage de la SOMELEC, qui me semble simple puisque les agents de la SOMELEC et de la SNDE s’y retrouvent facilement et ils ne sont pas les plus intelligents de la ville. Ils me pardonneront quand ils sauront que je ne leurs en veut point et que j’ai une grande affection pour la SOMELEC (cliquer ici). Il suffit de le coupler à des adresses  qui sont rentré dans  le vocabulaire de la ville de Nouakchott. Qui ne connait pas « boutique Couscous, ou virage Ould badou, Virage  kraa dick … » pour concocter un adressage   qui s’adapte à notre population.

9 avril 2013

"Mauritaniens: Nous sommes le 9 avril vous êtes encore pauvres et démunis   et le Général AZIZE est riche et toujours au pouvoir"

Un millier de candidats et moi et moi et moi...

« Quand le sage montre la lune avec son doigt, l'imbécile regarde le bout du doigt»

Proverbe chinois

PRDR, RFD, APP, UFP, FP, AJD, PMDE, PLEJ, UCD, RD, PSD, UDN, UDP… Autant de combinaisons, des consonnes et des voyelles, pour désigner des partis politiques vivants, morts ou fictifs.

Nous avons donc déjà une vraie inflation de partis (plus de 35) pour nous encombrer des indépendants (de qui ou de quoi? CNI, UNI, LNC) qui utilisent des partis -pavillons de complaisance pour présenter leur liste nationale.

Ainsi, à la fin de cette transition, on aura tout vu : le colonel Ely O. Mohamed Vall en chantre de la démocratie, Mr  Ahmed Ould Daddah en nouvel ami d’Israël, Mr  Messaoud en messager de l’unité nationale et des candidats surgir de nulle part.

Alors, me diriez-vous, pourquoi cet engouement national pour ce que nous appelons (par ignorance) la politique? est-ce par Pur altruisme ou simple opportunisme?

A l’origine, à mon avis, il y a à la fois la recherche du profit immédiat et la versatilité

AFP PHOTO DESIREY MINKOH

de nos élites qui perpétuent cette tradition de nomadisme politique. Toujours selon mon humble avis, il serait judicieux de se poser des questions pour ne pas voter idiot aux prochaines échéances électorales.

Qu’est-ce qui fait courir les riches de Nouakchott vers des contrées lointaines pour briguer des postes de député ou de maire?

Prenons l’exemple  de la région du Ttirs-Zemmour : pourquoi Mr Hammada Ould Derwish se présente-t-il à Elbir, qui n’est pas la porte à côté, lui qui a déjà été directeur du port autonome de Nouadhibou, directeur de la BACIM banque, et qui est peu connu pour ses activités d’intérêt général pour la collectivité qu’il cherche à diriger?

Pourquoi Mr Khaddad Ould Mokhtar se représente-t-il à Fderick? Pour les énormes infrastructures qu’il y a battu lors de son précédent mandat, ou pour les lois qu’il a proposé au vote du défunt parlement pour protéger l’enfance, l’environnement ou l’éducation? Ou tout simplement pour exploiter l’immunité parlementaire et la carte de visite qu’elle offre pour augmenter son chiffre d’affaire?

Pourquoi Mr Zeidane Ould Hmeida se présente-t-il à Zouerate? Est-ce pour la bonne image qu’il a laissé au fils d’ouvrier que je suis, lorsqu’il était directeur à la Snim, ou pour sa contribution à l’implantation de sa tribu en usant du  favoritisme; à travers les avantages que son poste de directeur general de la snim lui conférait, ou tout simplement un pied de nez aux militaires qui l ‘ont emprisonné -et par là même rendu célèbre?

Pourquoi la famille Ducros se décarcasse-t-elle à Fderick un jour, et se prélasse-t-elle à Nouakchott le reste de l’année? Dans l’intérêt des citoyens autochtones me diriez-vous!

Pourquoi Mr Hadrami Ould Emmama veut-il s’incruster et se fossiliser à Zouerate, lui qui n’est connu que pour sa gestion controversée de l’eau. Est -ce pour obéir à ‘listikhara’ ou pour représenter vivement ses ‘Tlamides’?

Simples questions entre des dizaines de milliers d’autres, que vous pourrez poser par rapport à tous les candidats dans toutes les villes et villages de Mauritanie, et qui resteront en suspens. Elles en disent long sur ce qui se trame en haut et en bas et que nous devrons avaliser. Ces questions qui doivent être posées à propos du mobile de tous les candidats et dans toutes les régions.

L’exemple du Tiris-Zemmour est le plus flagrant car même un ressortissant du Polisario, qui a élu domicile à Zouerate, se présente sans soulever de polémique à l’ivoirienne.

Nous voilà donc avec 1.222 listes candidates aux prochaines élections municipales du 19 novembre. Sur ces listes, les formations politiques ont effectivement déposé 888, alors que les listes indépendantes, source de frictions verbales entre certains partis politiques et les autorités de transition, n'ont guère dépassé les 334 listes.

Quant aux élections législatives, 441 listes ont été déposées par des partis politiques ou des candidats indépendants en coalitions avec de partis : 260 proviennent des partis politiques et 124 des candidats indépendants.

Quel casse tête pour des électeurs qui ne sont pas habitués à voter pour un programme politique, et qui n’ont pas une culture des couleurs (à peine si un Mauritanien doué pouvait différencier entre le vert et le bleu), quel supplice! Ajoutez-y la candidature majorée de 20 pour cent des femmes et les têtes se perdent.

D’ailleurs, il ressort des premières listes que la tendance est aux femmes commerçantes. Ces femmes dépigmentées, trempées dans des crèmes luisantes, qui peuvent vous plumer comme un pigeon, ou vous fourguer des chaussures taiwanaises en les faisant passer pour des italiennes et nous faire avaler toute les couleuvres de la terre.

Pourquoi donc faire participer les femmes à hauteur de 20 pour cents, si c’est pour impliquer cette fraction de notre société? Alors c’est raté d’office. Parce que nous n’aurons jamais une élue vendeuse de couscous, ni une divorcée avec une famille nombreuse, ni une chômeuse de longue durée, ni une étudiante. Pour cette fois, les femmes ne seront pas entendues et representées dans l’hémicycle. Enfin  dans un pays où tout s’achète, la conscience, la fierté et les voix, Avec ou sans élections, c’est toujours ceux qui ont compris le système qui triomphent, et les damnés qui approuvent.

Mais un vautour, qu'il soit en smoking ou en treillis, qu'il soit indépendant ou dépendant, reste un vautour ou devient un député, preuve que Rien n’est Impossibles en Mauritanie (R.I.M).
 
Dr Kleib Ahmed Salem
EXTRAIT  DE LA  Chronique du Dr Kleib Ahmed Salem  -LE CALAME N°559 du 1er novembre 2006.