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NEWS: lundi 1 avril 2019 : Le retour de ma chronique "c'est ça la Mauritanie" chaque lundi à partir du premier avril 2019.

13 septembre 2019

Première en Mauritanie : une opération de micro-décompression neurovasculaire réussie

Extrait du journal "le calame"

 mardi 10 September, 2019 -






Le 25 Juillet 2019, le Centre hospitalier national de Nouakchott accueillait une Première en Mauritanie : une micro-décompression neurovasculaire, pour une patiente mauritanienne souffrant d’un syndrome d’hémi-spasme facial, auparavant  traité, sans succès durant plusieurs années, au Maroc et en Tunisie. Le docteur Kleib, neurochirurgien mauritanien exerçant en France, au Centre hospitalier de Tours,  l’a opéré, avec succès, au bloc opératoire, avec l’équipe de neurochirurgie du professeur Salihy. Cette technique chirurgicale s’adresse aux patients souffrants de névralgies faciales par conflit neuro-vasculaire ; autrement dit, d’atroces douleurs suite à l’activité d’une artère irritant et stimulant un nerf. L’irritation du nerf de la motricité faciale entraîne des mouvements brusques du visage assez gênants. L’intervention chirurgicale n’a jamais été tentée, à ce jour, en nos hôpitaux. Les patients souffrant de cette pathologie étaient évacués à l'étranger ou laissés à leur sort.

Patiente comblée
La patiente qui a souhaité garder l’anonymat est aujourd’hui comblée : « Je me sens très bien, Dieu soit loué ! Ma situation s’est améliorée […]. Je ne croyais pas que ce genre d’opérations puisse se dérouler en Mauritanie. C’est pour cette raison que je suis allée au Maroc, puis en Tunisie, sur recommandation de mon médecin traitant, sans que ma situation s’améliore. Plus tard, sur conseil avisé du docteur Samy, nous avions pris décision de me faire opérer ici. Il m’assura qu’il n’y aurait aucun problème et que j’avais cette chance de bénéficier d’une opération locale. J’avais confiance en mon médecin, tout comme au docteur Kleïb. Toutes ses assurances réunies, j’étais donc prête, après l’échec répété de mes traitements à l’étranger, par ailleurs très onéreux [...]
Je conseille à tous les patients de rechercher d’abord des traitements au niveau local, avant de se rendre à l’étranger. C’est mieux de bénéficier de soins de qualité, quand on est chez soi : moins de dépense et réussite au bout. En Tunisie, je subissais une injection chaque quatre mois. Les douleurs revenaient atrocement. Un traitement onéreux et inefficace…
Je profite de cette opportunité pour remercier infiniment les docteurs Samy ML  et Kleïb AS pour les efforts déployés et l’attention qu’ils n’ont jamais cessé de me porter. Leur soutien moral et leur apport médical ont été bénéfiques .Nous devons avoir confiance en nos médecins et, du coup, en notre système de santé […] Je suis prête à reprendre mon boulot. Je dois revoir le docteur Kleib en Novembre, incha Allahou ».

« Une piste s’ouvre »
Le médecin neurologue qui suivait la patiente, le docteur Samy Mohamed Lemine Dadah, neurologue-neuro-pédiatre,raconte : 

« C’est une patiente âgée d’une cinquantaine d’années. Une institutrice qui éprouvait, depuis deux ans, des difficultés à travailler, en raison d’hémi-spasmes  faciaux, des  contractions vraiment gênantes. Ses élèves se moquaient d’elles et elle était obligée de se couvrir le visage à l’aide de son voile, ne laissant apparaître que ses yeux. Elle souffrait énormément et était contrainte à demander des congés médicaux répétitifs qui perturbaient  la qualité de son travail ainsi que sa participation à la vie économique et sociale ».
Cette patiente suivait, depuis deux ans, un  petit traitement en Tunisie, par le biais d’une injection de toxine bolique qui calmait  trois à quatre mois les douleurs. Un traitement onéreux : l’injection coûtait 500 000 MRO, sans compter le billet d’avion et la prise en charge. La patiente était réduite à ne se traiter qu’une fois par an. C’est alors que  le docteur Samy Mohamed Lemine Dadah lui proposa une alternative : un traitement médical par comprimé  et, si ça ne s’améliorait, de passer à autre chose. « Après 18 mois de traitement, avec prise de 2 médicaments, elle notait 50 à 60% d’améliorations. Mais les contractions s’aggravaient,  lorsqu’elle était confronté des émotions, notamment lors de réceptions ». Le docteur Samy Mohamed Lemine Dadah fait alors effectuer des examens complémentaires (IRM et MG), pour  « déterminer si la patiente était éligible ou non à la chirurgie et pour savoir si l’intervention lui serait utile ». Les réponses sont positives et l’opération programmée.
« 24 heures plus tard, le résultat est à 90% satisfaisant. La patiente va très bien. Les nouvelles qu’elle nous donne, depuis, sont excellentes. Je vais la revoir dans un mois et procéder à l’arrêt du traitement. Nous estimons que c’est une Première déjà réussie », se félicite le docteur Samy. Avant de souligner les perspectives prometteuses de cette innovation : « Une piste s’ouvre. Il n’y a pas mal de patientes qui sont éprouvées par cette maladie. Nous allons procéder au  bilan pré-chirurgical pour déterminer si une intervention leur serait bénéfique. Mais », tempère le docteur, « une telle intervention ne recueille pas l’assentiment des spécialistes et le cas de cette dame n’est pas des plus classiques. Cette opération a été rendue possible suite à un entretien avec le docteur Kleïb  qui a demandé, sans  hésitation, à rencontrer la patiente. C’est donc un processus à suivre ». Cela dit et alors que tant de nos patients s’épuisent encore à se faire soigner à l'étranger, force, aujourd'hui, est de reconnaître, aux médecins mauritaniens, une réelle expertise qu’il convient de ne jamais sous-estimer.
THIAM Mamadou
journal lecalame 

29 mars 2019

Le retour de ma chronique "c'est ça la Mauritanie"

Que vous soyez arrivés là par un pur hasard, ou par le bouche à oreille, bienvenue à vous. Pour les nostalgiques de ma chronique "c'est ça la Mauritanie" je vous annonce que prochainement sera publiée sur ce blog et nul par ailleurs un chronique hebdomadaire chaque lundi à partir du premier avril 2019 et il ne s'agit pas d'un poisson.
Le paysage politique du moment , nécessite des éclairages, pour ne pas voter idiot.
A lundi

Dr KLEIB

1 août 2017

Qui est à l'origine de cette fausse lettre ?

Sur le net et les réseaux sociaux depuis ce soir circule  une  lettre qui affirmait que le general Azize a offert une Ile du banc d'Arguin à l'émir du Qatar . 
Ces captures d'écran sont supposées être cette lettre adressée par l’ambassade du Qatar. A première vue il s'agit d'une lettre normale avec l'entête classique d'une ambassade. 
Il suffit de regarder un peu pour se rendre compte qu’au début de la lettre l’écriture est en gras et au bas de la page on retrouve du gras et au milieu on retrouve un texte simple.
Il y a aussi une faute d'orthographe "7adrathou" et il y a 100 entre parenthèses alors que km est hors de la parenthèse.(100)km.
J’ai demandé à des internautes de me donner une copie de qualité exploitable. J’ai renommé la photo "Qatar" je l'ai téléchargé dans le fichier téléchargement de mon ordinateur. lorsque j’ai gommé une partie de la page , soudain est apparu un texte au fond.
Ce qui prouve que cette image est une fausse lettre. il suffit de regarder cette vidéo  sans trucage et sans montage pour se rendre compte de la supercherie.
Ce faux et usage de faux est condamnable. Cependant il ne justifie pas  d'accepter ce referendum ni un troisième mandat 
Restons des citoyens vigilants 
Dr kleib 
citoyen dégouté et sans doute pas le seul 




https://youtu.be/IropsV5qS0Y





23 juillet 2017

A quand le prochain coup d'Etat en Mauritanie? .

Je  incite tous les kleibn@utes , à lire et relire Cet article qui a été publié en 2006  dans la chronique de votre serviteur dans le journal LE CALAME , pour les moins jeunes, qui se souviendront de l'ambiance de l'époque et des espoirs suscités par le coup d'état du CMJD contre le régime de  Ould Taya, ils y trouveront une description prémonitoire de l'avenir de ce pays qui nous ait chère,  à la fin vous pouvez lire une mise à jours.
A quand le prochain coup d’Etat ? 27 SEPTEMBRE 2006
"C’est ça la Mauritanie" Chronique du Dr. KLEIB Ahmed-salem
LE CALAME n°555

«L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses; c ’est ainsi l’on grimpe dans la même posture que rampe.»Swift (Jonathan)

"Mesdames, Messieurs, nous traversons en ce moment une zone de transition turbulente. Pour votre confort et votre sécurité, veuillez regagner votre place dans notre nouveau parti des indépendants et garder votre ceinture attachée jusqu’à l’extinction du signal présidentiel lumineux». Si vous avez déjà pris un avion, cette annonce vous est certainement familière: elle résume parfaitement l’ingérence outrancière du CMJD dans notre processus démocratique. Inciter les hauts dignitaires à quitter les partis politiques, en leur susurrant à l’oreille qu’ils ont plus de chances de gagner en faisant cavalier seul est un acte en contradiction avec la neutralité affichée au lendemain du putsch.Après avoir utilisé les partis politiques en invitant leurs naïfs ténors au palais présidentiel pour légitimer le coup d’état et donner à l’opinion internationale l’impression d’un changement, ils veulent les vider de leur moelle électorale aujourd’hui qu’ils ne servent plus les intérêts des militaires.L’actuelle ingérence du CMJD est de ce point de vue assez symbolique des limites des pouvoirs de chaque colonel par rapport aux autres. Leur impuissance réside dans le fait qu’ils ne maîtrisent pas le cours des événements, car ils n’ont pas de prise sur le processus politique et qu’ils ont raté l’occasion d’interdire les partis au moment opportun. Ils veulent faire marcher les chefs de tribus au pas et ils veulent nous dicter notre choix politique comme pour le récent Referendum.Or c’est en nous laissant dicter nos actes, dicter notre vie, nos choix électoraux, que nous ne permettons pas à la Mauritanie de s’ériger en symbole de réussite démocratique. Au contraire, nous laissons notre pays à la dérive sociale et culturelle, où le citoyen n’a pas de place, si ce n’est dans la soumission au clan.Le 3 août 2005, Ely Ould Mohamed Vall alias EOMV devenait le énième militaire à accéder à la tête de l’État, suite à un coup de force pacifique. Après des années de corruption et de répression sous l'ère du président Ould Taya, le peuple mauritanien pouvait enfin espérer accéder à la démocratie.Sitôt au pouvoir, EOMV a fait semblant de rétablir les institutions démocratiques sur la base d'une nouvelle constitution adoptée le 25 juin 2006. De plus, il entreprit de nombreuses démarches folkloriques, dont d’importantes journées de concertation destinées à l’opinion internationale.Pour ceux qui, au lendemain du 3 août, ont affiché une joie et une euphorie qui n’a d’égal que l’importance de l’événement, la déception est aujourd’hui de taille. Comme vous le savez, le pouvoir, on y prend goût et la durée de la transition risque de devenir très élastique. Les militaires se moquaient de nous en cachette et voilà qu’aujourd’hui ils le font ouvertement. Pourquoi cette pression miltaro-élitiste sur des hauts dignitaires du pays?D'abord parce qu'il semble que l’on veut se protéger de l’après -transition. Ensuite il y a les énormes enjeux économiques qui peuvent être tirés du pouvoir et l’émergence d’un nouveau pôle tribalo- financier. Puis l’entourage du pouvoir qui s’enrichit minute après minute grâce à la spéculation immobilière facilitée par la thésaurisation et le gel des fonds publics à la BCM et au trésor national, l’attribution de la 3° licence de téléphonie mobile et d’autres avantage que seul le pouvoir peut procurer. On sent là l'influence d'un groupuscule qui prend goût au pouvoir et tient à influer sur les futures élections. Le silence des partis politiques et de la rue mauritanienne, celle-là même qui a légitimé les militaires à travers liesses populaires et déclarations de soutien à travers la presse, témoigne de l’immaturité politique de notre pays. Pendant que des hommes et leurs femmes jouent une partie de Monopolyâ avec les biens de notre État, d’autres jouent avec notre avenir politique sans susciter la curiosité de notre presse nationale. Il est vrai que la liberté de notre presse est une fierté nationale, même si elle ne fait pas la nôtre (toute presse confondue). Une liberté voulue et mûrement réfléchie. Elle a été permise dans le dessein de laisser les citoyens se chamailler et se calomnier. Il n’y a jamais eu d’enquête administrative ou militaire suite à un article paru dans un journal, ou après une déclaration sur une radio ou à la télévision. À quoi sert-il encore d’écrire ou de parler, voire de lire dans ce climat austère? À moins d’être irrémédiablement crétin, chacun connaît désormais la suite : nous y sommes et nous y resterons.Avec des tas de militaires putschistes récidivistes, il serait prudent de tenir sa promesse. Il est donc dans l’intérêt des vaillants membres du CMJD de tenir les leurs.Je ne peux que dénoncer à la fin l’ingérence dans notre processus électoral (qui n’est finalement qu’un cache-sexe pour des intentions inavouées) et susurrer à mon tour dans l’oreille des colonels que si cela continue, la défiance envers le CMJD serait telle que plus personne ne les soutiendrait face à un éventuel retournement de la situation. Les Mauritaniens veulent le pain, la liberté et la démocratie.
Dr Ahmed salem Ould Kleib

--------------------------------------------------------------------------------------------A quand le prochain coup d'etat? (2) 14 JANVIER 2009



L’actualité africaine vient de nous rattraper. Des jeunes officiers ont pris le pouvoir en Guinée, évinçant des généraux et le président de l’Assemblée qui devait assurer l’intérim. Voilà la preuve vivante que le grade n’a pas beaucoup d’intérêt dans l’esprit d’un militaire assoiffé de pouvoir, dans un pays au bord de l’implosion. A quand le prochain coup d’Etat en Mauritanie? Telle est la question sous forme de souhait que ceux qui aspirent à une future stabilité du pays se posent à longueur de journée depuis le 6 août.Actuellement, la situation est plus que jamais dangereuse pour l’unité de notre pays. Nous avons une junte au pouvoir depuis le jour fatidique du 6 août, Qui possède une branche armée incarnée par la triade des généraux, une branche politique représentée par les frondeurs et leur cheptel qui ne cesse de s’accroître malheureusement, une branche tribale érigée par les différentes tribus représentées au pouvoir. Toutes ces forces réunies constituent une menace pour la stabilité du pays à court et long termes. Quand des hommes et des femmes se sentent opprimés, rabaissés et réduits à une forme de la pensée unique. Quand l’armée fait et défait des présidents. Quand des généraux prennent tout un peuple en otage pour un intérêt personnel assaisonné d’un orgueil démesuré de certains leaders politiques.

En ce moment, on assiste indifférents à une scène de réincarnation du colonel Taya dans le général Aziz. La même politique basée sur le renforcement de la tribu, le clientélisme et la gabegie. Je ne peux m’empêcher de lui dire de sortir de ce corps et de cette tunique.
Le général mécanicien est en train de reproduire inconsciemment les faits et gestes du colonel dictateur qu’il a servi fidèlement pendant deux décennies. Rien d’anormal jusqu’ici. Par contre, nous imposer le retour d’une dictature déguisée dans une démocratie tayienne qui va faire reculer le pays inévitablement est une régression dont le pays pourrait se passer. Si le général aurait toutes les vertus que l’on semble découvrir aujourd’hui après les 6 août, il n’avait qu’à attendre les prochaines échéances pour se présenter.
Le général traîne un handicap majeur, celui de méconnaître la démocratie et l’accès au pouvoir par les urnes. Celui qui ne possède pas une chose ne peut pas l’offrir. La poudre aux yeux qu’il distille à ceux qui veulent le suivre ou l’entendre coûte assez cher au maigre et fragile trésor public.

Le prochain coup d’Etat serait salutaire. Il ne saurait tarder au vu de la tournure que les choses sont en train de prendre. Il arrive que face à un incendie de forêt, on brûle volontairement un feu pour stopper la progression des flammes, c’est ce qu’on appelle dans le jargon des pompiers : un contre-feu. Confier tous les pouvoirs militaire, tribal, politique, exécutif, législatif aux mains d’une seule et unique personne ne ferait que reculer les libertés et tous les acquis socio démocratiques voire précipiter ce pays dans une guerre civile.
Les frondeurs, qui voulaient renforcer les pouvoirs du parlement, héritent aujourd’hui d’un général président à vie. Et eux du statut de parlementaires corvéables et serviables à merci qui rappellent une ‘’sorba’’ (délégation tribale) très connue, partie pour alléger la dime qu’elle devait à l’émir ….

Avec un tas de militaires, opprimés, mal équipés, il serait prudent de ne pas rentrer dans le jeu de la triade. Il est donc dans l’intérêt du pays que les généraux rendent le pouvoir aux civils et de regagner leurs casernes dans les plus brefs délais.
Enfin, Je ne peux que dénoncer ces journées satiriques de la démocratie qui ont suscité autant d’indignation que l’invasion barbare de Gaza. Il suffit de voir les participants dont le niveau intellectuel ne dépasse guère la 6éme année primaire. Ce sont ceux là qui vont tracer de façon indélébile notre avenir démocratique sur une pierre blanche. Des journées qui ne sont rien d’autre qu’un cache-sexe pour des intentions inavouées de la junte au pouvoir. Là où le bât blesse, c’est quand les journées carnavalesques de la démocratie voulaient voler la vedette à la boucherie de Gaza.
Prochainement, la défiance envers le HCE serait-elle que plus personne ne les soutiendrait face à un éventuel retournement de la situation. Les Mauritaniens veulent le pain, la liberté et la démocratie et ils en ont marre de l’immixtion des militaires dans la vie politique.

Dr kleib Ahmed-Salem

17 novembre 2016

Fac de medecine de nouakchott

Un espace de formation en ligne  sera bientôt disponible à la faculté de médecine grâce à une plateforme  de formation en ligne utilisant le système LMS...

14 mai 2016

MES RAISONS DE DIRE NON AU REFERENDUM SUR LA CONSTITUTION DU 25 JUIN

«Un homme en colère est un homme qui n'a pas su dire non et éprouve, en plus, le remords de ne pas l'avoir fait.»
Tahar Ben Jelloun

A quoi sert un referendum, si l’on doit voter impérativement par un OUI? Alors pourquoi dépenser les bien publics si le choix du OUI doit l’emporter sur le non ? Pourquoi nous imposer le seul et unique choix du OUI comme celui du bien sur le mal. Pourquoi donner autant de moyens pour ceux qui prônent le OUI, à leur tête le chef de l’Etat? Ce président qui sillonne le pays, pour nous imposer le vote massif du Oui pour une histoire à dormir debout de serrures, de cadenas et de tracts fictifs. Tout cela au frais du contribuable mauritanien. Nous appâter par l'amendement de 3 articles de la loi fondamentale : la réduction du mandat présidentiel à 5 ans, un mandat renouvelable une seule fois, un verrouillage juridique qui fait qu'aucune procédure de révision de la constitution ne soit possible. C’est nous sous-estimer et au delà mettre un doute la maturité du peuple mauritanien.

Plutôt, Instaurons un vrai débat sur cette constitution et exigeons un décompte de temps de parole, pour les partisans et les détracteurs du OUI. Priver le chef de l’Etat fervent défenseur du OUI , de sa lépreuse TVM qu’il semble squatter avec la complicité de l’AMI, alors que aucun NON ne se fait entendre sur nos médias.
Cette occasion unique qu’a le peuple mauritanien de dire NON à un gouvernement, de le désavouer massivement pour la première fois est à saisir d’une main de fer. Ainsi le chef de la junte et son « Gouvernement à usage unique » pour ne pas dire familièrement « Gouvernement jetable » en tireront les conséquences de leurs choix et sauront que l’on ne pourra pas toujours suivre ceux qui ont le pouvoir comme des moutons de panurge. Quant au peuple, en montrant son refus d’entendre et de respecter la volonté d’un groupe qui veut lui imposer à travers les urnes son choix du OUI pour cette Constitution relookée avec très peu de changement, il aura acquis le principe fondamental de la démocratie celui d’avoir un choix, un vrai choix réfléchi et réaliste. Si le peuple savait que les pères de la constitution de 1991 sont actuellement les charpentiers de cette illusion de changement de 2006, Il mesurerait à leur juste portée ces mots de Peter Genestet « Heureux et libre est celui qui ose dire non ! »

Même si Le texte du projet porte uniquement sur les articles modifiés de la constitution du 20 juillet 1991 qui stipule dans son nouvel article 99 qu’«aucune procédure de révision de la Constitution ne peut être engagée si elle met en cause l’existence de l’Etat ou porte atteinte à l’intégrité du territoire, à la forme républicaine du gouvernement, au caractère pluraliste de la démocratie mauritanienne ou au principe de l’alternance démocratique au pouvoir et à son corollaire, le principe selon lequel le mandat du président de la République est de cinq ans, renouvelable une seule fois». On aura un homme fort avec des pouvoirs illimités. Qui dit un homme fort dit une tribu forte et une région privilégiée et si il y a des puissants, il y aura forcement des faibles, des soumis et des exclus.

Souvenez-vous de cette Constitution de 1991 qui avait proclamé la Mauritanie "République islamique, arabe et africaine". Elle a été violée, et greffée avec le fameux article 104 issu de l’imagination illimitée de l’entourage du président. Reste enfin qu’est ce qui immunise la constitution de 2006 par rapport à celle 1991?
La garde présidentielle, la maturité des militaires ou la vigilance du peuple mauritanien ? Nous le saurons bientôt.

Faire confiance à la junte au pouvoir comme le font actuellement la majorité des partis politiques, alors que les vrais changements se font toujours attendre, relève de la naïveté ou de l’autisme intellectuel. Le frangin du premier président et le cousin du dernier président déchu en ont fait les frais. Rien qu’a les voir dans le sillage du moustachu de notre palais de marbre pour se dire que rien n’a changé, surtout en profondeur ; les promesse de Démocratie et de liberté restent des promesses: la réalité mauritanienne dément toute logique scientifique et toute les prévisions économétriques. Nous n’avons pas la notion de l’Etat ni de la hiérarchie, même sous la houlette d’un gouvernement d’exception ou sous la botte d’une triade de colonels et leurs vassaux nous restons des bédouins orgueilleux.
Un éditorialiste français a qualifié l’après 3 août d’ère de liberté et de démocratie par ces mots: les mauritaniens sont devenus libres, ils peuvent actuellement écouter RFI en ondes courtes FM : quelle définition primitive de la liberté ! Un autre mauritanien a qualifié l’après 3 août d’ère de liberté et de démocratie on peut voir Hindou du journal le calame et Ould Daddah à la télévision ! Et Alors !

Par contre voir le putschiste du 8 juin à la télévision publique est une insulte à la mémoire des victimes du putsch, civiles ou militaires. Pour les crimes, la prescription intervient des décennies après l’acte, si aucune procédure n’a été entamée contre l’auteur du crime et non par la création d’un parti.
Voilà le changement tant attendu n’a pas eu lieu, les partis politiques se sont regroupés et ils se soucient plus de leur financement que des problèmes qui secouent la société mauritanienne.

Les élections qui se profilent a l’horizon serviront à réconforter un nouveau parti politique qui va vite se « PRDSiser » : en s’ouvrant à tous les transfuges des autres partis perdants pour devenir un parti- Etat, ainsi il s’implantera partout avec les moyens de l’Etat, et inventera une nouvelle idée apparentée à celle du défunt livre et ses innombrables maisons : les perdants dénonceront la triche,les urnes bourrées, de bureaux de vote volants et les observateurs étrangers bernés et l’inaptitude de la CENI sous la commande quasi militaire de son président. Si ça rassure le Tchad a aussi une CENI.
D’où cette question en forme d’appel au secours : Qui pourra transgresser le principe qui régit le fonctionnement même de ce système en voulant devenir un vrai chef d’Etat à part entière dans ce pays où l'armée fait et défait les présidents ?

Une chose est sûre : il y a quelque part quelqu’un qui tire les ficelles du pouvoir et ce n’est pas l’actuel président qui lui n’est qu’un acteur d’une dramatique pièce de théâtre sur fond de décors de démocratie en cinq actes par ordre, cette parodie des journées de concertation, le referendum, les municipales, les législatives et les présidentielles, mise en scène par des éminences grises bien de chez nous, quant à la production, elle est assurée par les finances publiques.

Enfin, était-il vraiment nécessaire d’organiser un référendum ?
C’est sûr que le gouvernement, et le Président ont un autre point de vue sur la question. Il y a sûrement des considérations qui ont poussé le CMJD à proposer ce référendum. Il fallait lire entre les lignes du discours présidentiel « One man show » le souci de bonne gouvernance, équilibres internationaux en oubliant peut-être les équilibres nationaux et sa richesse douteuse. Il faut arrêter cet abus dans l’utilisation des techniques censées mesurer les rapports de force, les tendances au niveau de l’opinion publique et les valeurs, aux fins d’apporter un plus, des améliorations. Il y a abus en nombre d’élections et de référendums, dans un laps de temps aussi court, souvent aux dépens des valeurs, que sont la participation du citoyen, le libre choix, le débat, la transparence. Ainsi le citoyen risque de se dire que les élections et les référendums, sans âme ni valeur, ne sont qu’un jeu politique, destiné à convaincre les instances internationales, au détriment des intérêts des mauritaniens. Alors que Personne ne doute que les mauritaniens méritent infiniment mieux.

Dr. KLEIB Ahmed Salem
Médecin - Hopital national


mise à jour: 
Cet article a été publié  dans le journal le calame avant le referendum sur la constitution  en 2006
je l'ai retrouvé sur le site  AVOMM
http://www.avomm.com/MES-RAISONS-DE-DIRE-NON-AU-REFERENDUM-SUR-LA-CONSTITUTION-DU-25-JUIN_a836.html

5 novembre 2015

Santé, Mensonges et Pouvoir

« Existe-t-il pour l'homme un bien plus précieux que la santé ? » (Socrate).

J’ai choisi de porter l’étendard d’un lanceur d’alerte, pour prêcher l'impatience et la colère de tout un peuple. Quoique je n’aie pas les moyens d’investigations d’un juge d’instruction, ni ceux de la police nationale, j’ai ce témoignage, à travers des rencontres et des faits réels, en essayant de ne pas trahir le secret médical. J'ai rencontré le ministre  de la santé, Ould Jelvoun, un vendredi matin, à la clinique Chiva. Il était venu visiter une patiente hospitalisée. Il voulait mon avis médical car le cas l’inquiétait. « Je veux juste », me dit-il au cours de la conversation, « la garder ici  en hospitalisation, en attendant de l'évacuer en Tunisie ». Ma réponse fut extrêmement rapide et cinglante. « Monsieur le ministre de la Santé, je suis vexé, comme sûrement les sept cents médecins de ce pays. Si le ministre de la Santé envoie sa famille se soigner à l'étranger, c'est qu'il a échoué dans la mission qui lui a été confiée ». Il fut très surpris, tétanisé même, lui qui me dépasse de quelques centimètres et pèse quelques kilos de plus.
Quatre mois de fièvres et plus de douze décès s’en sont suivis, quatre mois d’incertitude et de peur. Lorsque  le seuil de la tolérance fut atteint, de jeunes citoyens se sont mobilisés, à coups de tags et de hashtags, pour faire sortir le ministre de son mutisme assourdissant. Pourquoi tout ce  silence autour de cette redoutable fièvre qui fait tant des ravages, malgré les appels, incessants depuis le mois de Juin, des urgentistes et des médecins praticiens ?  Ou  sont les familles des malades, où est  la société « Si-vile » car une plainte  devant une cour  pénale pour négligence ayant entraîné la mort est réellement recevable ?
Au-delà de  cette mission de porte-parole, autoproclamé et volontaire, d’une population exaspérée, permettez-moi de vous révéler une autre affaire et non des moindres. Notre service de neurochirurgie veut acquérir un microscope opératoire. Nous avons cherché des offres, sur Internet, avec un bon rapport qualité-prix. L’une d’entre elles a retenu l’attention des neurochirurgiens. Un microscope  avec un bon rapport qualité-prix, qui nous coûterait, une fois livré à Nouakchott, 38 millions d’ouguiyas. La loi stipule qu’une commande de moins de 50 millions peut être payée par le ministère, via sa filiale CAMEC. Ne voyant aucun avantage et aucune retombée  pour son département, le ministre a lancé un appel d’offres public pour ledit achat. Qui dit appel d’offres,  dit, à la fin, prix de revient  avantageux, au propre et au figuré. Je vous explique : le fournisseur  propose le triple du prix dans un pli cacheté. Les fournisseurs ont leurs habitudes, c’est une famille corleonienne. Ils peuvent s’associer pour un dépôt collectif ou individuel, après s'être concertés. Alors que le but d’un appel d’offres  est de mettre plusieurs entreprises en concurrence, pour fournir un produit ou un service. Une fois le marché adjugé au moins disant – ou au mieux disant, peu importe, puisque c’est toujours le même microscope – il a droit à un acompte de  30% du prix. Et, comme par hasard  c’est juste ce qu’il lui faut pour acheter le microscope ! Où vont les millions qui restent ? Ils serviraient à des rétro-commissions au ministère de la Santé, au Trésor public  et à la commission des marchés. C'est ça, la liberté ! Comme disait un  grand maitre à penser en l’actuel président du Sénat – loin de moi tout fantasme de l’ironie,  car je suis sérieux –  « Personne n’en veut d’un marché aussi sec ». Depuis l’annonce de cet appel d’offres, je n’ai pas arrêté de recevoir des coups de fil de fournisseurs qui se demandaient : « C’est quoi, un microscope opératoire ? »
Après la santé, voilà le triste bilan d’un président qui se croyait si  proche des jeunes et des pauvres. L’éducation nationale a été sacrifiée, les intellectuels – ou ce qu’il en reste – ont été  crucifiés. Je ne parle pas de ceux que j’ai vus et entendu braire, au nom du parti unique ou de l’auto-concertation narcissique, mais de ceux qui ont été contraints de prendre le chemin de l’exil. L’armée nationale est devenue une marchandise comme une autre. L’unité nationale n’a jamais été aussi menacée. Voilà où nous en sommes : une minorité de néo-nantis qui affiche, avec insolence, une richesse  soudaine, à côté de la misère pleurante et gémissante. La peur du lendemain incertain, au cas où la Constitution sera retaillée. Certains proches du général Aziz  nous promettent que non. Pourtant, en Afrique, « Y en a qu’ont essayé, ils ont eu des problèmes ! » comme disait Chevalier et Laspales (Le train pour Pau).
Enfin une note d’optimisme, dans ce milieu de brutes, pour ce millième numéro.  Nous devons cette belle longévité à la bande d’iconoclastes qui résiste, dans ce minuscule village qu’est « Le Calame ».  C’est une belle réussite de conciliation et d’enrichissement mutuel, dans un contexte national  où le dialogue s’avère, « parfois souvent », impossible. Il faut les côtoyer pour comprendre. L’esprit  du fondateur  Habib ould Mahfoudh qui fut mon professeur au lycée de Nouadhibou veille discrètement sur les lieux, pendant que le directeur Ahmed ould Cheikh s’essaie au management participatif, afin de gérer les journalistes, avec un mélange subtil de talent et de génie, animés d’une volonté tenace d’informer avant tout : Sneïba, Thiam, Athié, Jiddou et Mansour. C’est à eux que revient tout le mérite. Il y a longtemps, un homme de beaucoup de génie a dit : « « Le mérite a seul droit aux fureurs / C’est un poison  heureux qui conserve la vie / Quand la haine se tait on demeure oublie / Et malheur à celui qui n’est point envie »…

Docteur Kleïb  Ahmed Salem
Citoyen dégoûté et sans doute pas le seul
journal le calame 4 November, 2015 - 09:42 le numero 1000