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23 juillet 2017

A quand le prochain coup d'Etat en Mauritanie? .

Je  incite tous les kleibn@utes , à lire et relire Cet article qui a été publié en 2006  dans la chronique de votre serviteur dans le journal LE CALAME , pour les moins jeunes, qui se souviendront de l'ambiance de l'époque et des espoirs suscités par le coup d'état du CMJD contre le régime de  Ould Taya, ils y trouveront une description prémonitoire de l'avenir de ce pays qui nous ait chère,  à la fin vous pouvez lire une mise à jours.
A quand le prochain coup d’Etat ? 27 SEPTEMBRE 2006
"C’est ça la Mauritanie" Chronique du Dr. KLEIB Ahmed-salem
LE CALAME n°555

«L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses; c ’est ainsi l’on grimpe dans la même posture que rampe.»Swift (Jonathan)

"Mesdames, Messieurs, nous traversons en ce moment une zone de transition turbulente. Pour votre confort et votre sécurité, veuillez regagner votre place dans notre nouveau parti des indépendants et garder votre ceinture attachée jusqu’à l’extinction du signal présidentiel lumineux». Si vous avez déjà pris un avion, cette annonce vous est certainement familière: elle résume parfaitement l’ingérence outrancière du CMJD dans notre processus démocratique. Inciter les hauts dignitaires à quitter les partis politiques, en leur susurrant à l’oreille qu’ils ont plus de chances de gagner en faisant cavalier seul est un acte en contradiction avec la neutralité affichée au lendemain du putsch.Après avoir utilisé les partis politiques en invitant leurs naïfs ténors au palais présidentiel pour légitimer le coup d’état et donner à l’opinion internationale l’impression d’un changement, ils veulent les vider de leur moelle électorale aujourd’hui qu’ils ne servent plus les intérêts des militaires.L’actuelle ingérence du CMJD est de ce point de vue assez symbolique des limites des pouvoirs de chaque colonel par rapport aux autres. Leur impuissance réside dans le fait qu’ils ne maîtrisent pas le cours des événements, car ils n’ont pas de prise sur le processus politique et qu’ils ont raté l’occasion d’interdire les partis au moment opportun. Ils veulent faire marcher les chefs de tribus au pas et ils veulent nous dicter notre choix politique comme pour le récent Referendum.Or c’est en nous laissant dicter nos actes, dicter notre vie, nos choix électoraux, que nous ne permettons pas à la Mauritanie de s’ériger en symbole de réussite démocratique. Au contraire, nous laissons notre pays à la dérive sociale et culturelle, où le citoyen n’a pas de place, si ce n’est dans la soumission au clan.Le 3 août 2005, Ely Ould Mohamed Vall alias EOMV devenait le énième militaire à accéder à la tête de l’État, suite à un coup de force pacifique. Après des années de corruption et de répression sous l'ère du président Ould Taya, le peuple mauritanien pouvait enfin espérer accéder à la démocratie.Sitôt au pouvoir, EOMV a fait semblant de rétablir les institutions démocratiques sur la base d'une nouvelle constitution adoptée le 25 juin 2006. De plus, il entreprit de nombreuses démarches folkloriques, dont d’importantes journées de concertation destinées à l’opinion internationale.Pour ceux qui, au lendemain du 3 août, ont affiché une joie et une euphorie qui n’a d’égal que l’importance de l’événement, la déception est aujourd’hui de taille. Comme vous le savez, le pouvoir, on y prend goût et la durée de la transition risque de devenir très élastique. Les militaires se moquaient de nous en cachette et voilà qu’aujourd’hui ils le font ouvertement. Pourquoi cette pression miltaro-élitiste sur des hauts dignitaires du pays?D'abord parce qu'il semble que l’on veut se protéger de l’après -transition. Ensuite il y a les énormes enjeux économiques qui peuvent être tirés du pouvoir et l’émergence d’un nouveau pôle tribalo- financier. Puis l’entourage du pouvoir qui s’enrichit minute après minute grâce à la spéculation immobilière facilitée par la thésaurisation et le gel des fonds publics à la BCM et au trésor national, l’attribution de la 3° licence de téléphonie mobile et d’autres avantage que seul le pouvoir peut procurer. On sent là l'influence d'un groupuscule qui prend goût au pouvoir et tient à influer sur les futures élections. Le silence des partis politiques et de la rue mauritanienne, celle-là même qui a légitimé les militaires à travers liesses populaires et déclarations de soutien à travers la presse, témoigne de l’immaturité politique de notre pays. Pendant que des hommes et leurs femmes jouent une partie de Monopolyâ avec les biens de notre État, d’autres jouent avec notre avenir politique sans susciter la curiosité de notre presse nationale. Il est vrai que la liberté de notre presse est une fierté nationale, même si elle ne fait pas la nôtre (toute presse confondue). Une liberté voulue et mûrement réfléchie. Elle a été permise dans le dessein de laisser les citoyens se chamailler et se calomnier. Il n’y a jamais eu d’enquête administrative ou militaire suite à un article paru dans un journal, ou après une déclaration sur une radio ou à la télévision. À quoi sert-il encore d’écrire ou de parler, voire de lire dans ce climat austère? À moins d’être irrémédiablement crétin, chacun connaît désormais la suite : nous y sommes et nous y resterons.Avec des tas de militaires putschistes récidivistes, il serait prudent de tenir sa promesse. Il est donc dans l’intérêt des vaillants membres du CMJD de tenir les leurs.Je ne peux que dénoncer à la fin l’ingérence dans notre processus électoral (qui n’est finalement qu’un cache-sexe pour des intentions inavouées) et susurrer à mon tour dans l’oreille des colonels que si cela continue, la défiance envers le CMJD serait telle que plus personne ne les soutiendrait face à un éventuel retournement de la situation. Les Mauritaniens veulent le pain, la liberté et la démocratie.
Dr Ahmed salem Ould Kleib

--------------------------------------------------------------------------------------------A quand le prochain coup d'etat? (2) 14 JANVIER 2009



L’actualité africaine vient de nous rattraper. Des jeunes officiers ont pris le pouvoir en Guinée, évinçant des généraux et le président de l’Assemblée qui devait assurer l’intérim. Voilà la preuve vivante que le grade n’a pas beaucoup d’intérêt dans l’esprit d’un militaire assoiffé de pouvoir, dans un pays au bord de l’implosion. A quand le prochain coup d’Etat en Mauritanie? Telle est la question sous forme de souhait que ceux qui aspirent à une future stabilité du pays se posent à longueur de journée depuis le 6 août.Actuellement, la situation est plus que jamais dangereuse pour l’unité de notre pays. Nous avons une junte au pouvoir depuis le jour fatidique du 6 août, Qui possède une branche armée incarnée par la triade des généraux, une branche politique représentée par les frondeurs et leur cheptel qui ne cesse de s’accroître malheureusement, une branche tribale érigée par les différentes tribus représentées au pouvoir. Toutes ces forces réunies constituent une menace pour la stabilité du pays à court et long termes. Quand des hommes et des femmes se sentent opprimés, rabaissés et réduits à une forme de la pensée unique. Quand l’armée fait et défait des présidents. Quand des généraux prennent tout un peuple en otage pour un intérêt personnel assaisonné d’un orgueil démesuré de certains leaders politiques.

En ce moment, on assiste indifférents à une scène de réincarnation du colonel Taya dans le général Aziz. La même politique basée sur le renforcement de la tribu, le clientélisme et la gabegie. Je ne peux m’empêcher de lui dire de sortir de ce corps et de cette tunique.
Le général mécanicien est en train de reproduire inconsciemment les faits et gestes du colonel dictateur qu’il a servi fidèlement pendant deux décennies. Rien d’anormal jusqu’ici. Par contre, nous imposer le retour d’une dictature déguisée dans une démocratie tayienne qui va faire reculer le pays inévitablement est une régression dont le pays pourrait se passer. Si le général aurait toutes les vertus que l’on semble découvrir aujourd’hui après les 6 août, il n’avait qu’à attendre les prochaines échéances pour se présenter.
Le général traîne un handicap majeur, celui de méconnaître la démocratie et l’accès au pouvoir par les urnes. Celui qui ne possède pas une chose ne peut pas l’offrir. La poudre aux yeux qu’il distille à ceux qui veulent le suivre ou l’entendre coûte assez cher au maigre et fragile trésor public.

Le prochain coup d’Etat serait salutaire. Il ne saurait tarder au vu de la tournure que les choses sont en train de prendre. Il arrive que face à un incendie de forêt, on brûle volontairement un feu pour stopper la progression des flammes, c’est ce qu’on appelle dans le jargon des pompiers : un contre-feu. Confier tous les pouvoirs militaire, tribal, politique, exécutif, législatif aux mains d’une seule et unique personne ne ferait que reculer les libertés et tous les acquis socio démocratiques voire précipiter ce pays dans une guerre civile.
Les frondeurs, qui voulaient renforcer les pouvoirs du parlement, héritent aujourd’hui d’un général président à vie. Et eux du statut de parlementaires corvéables et serviables à merci qui rappellent une ‘’sorba’’ (délégation tribale) très connue, partie pour alléger la dime qu’elle devait à l’émir ….

Avec un tas de militaires, opprimés, mal équipés, il serait prudent de ne pas rentrer dans le jeu de la triade. Il est donc dans l’intérêt du pays que les généraux rendent le pouvoir aux civils et de regagner leurs casernes dans les plus brefs délais.
Enfin, Je ne peux que dénoncer ces journées satiriques de la démocratie qui ont suscité autant d’indignation que l’invasion barbare de Gaza. Il suffit de voir les participants dont le niveau intellectuel ne dépasse guère la 6éme année primaire. Ce sont ceux là qui vont tracer de façon indélébile notre avenir démocratique sur une pierre blanche. Des journées qui ne sont rien d’autre qu’un cache-sexe pour des intentions inavouées de la junte au pouvoir. Là où le bât blesse, c’est quand les journées carnavalesques de la démocratie voulaient voler la vedette à la boucherie de Gaza.
Prochainement, la défiance envers le HCE serait-elle que plus personne ne les soutiendrait face à un éventuel retournement de la situation. Les Mauritaniens veulent le pain, la liberté et la démocratie et ils en ont marre de l’immixtion des militaires dans la vie politique.

Dr kleib Ahmed-Salem

17 novembre 2016

Fac de medecine de nouakchott

Un espace de formation en ligne  sera bientôt disponible à la faculté de médecine grâce à une plateforme  de formation en ligne utilisant le système LMS...

14 mai 2016

MES RAISONS DE DIRE NON AU REFERENDUM SUR LA CONSTITUTION DU 25 JUIN

«Un homme en colère est un homme qui n'a pas su dire non et éprouve, en plus, le remords de ne pas l'avoir fait.»
Tahar Ben Jelloun

A quoi sert un referendum, si l’on doit voter impérativement par un OUI? Alors pourquoi dépenser les bien publics si le choix du OUI doit l’emporter sur le non ? Pourquoi nous imposer le seul et unique choix du OUI comme celui du bien sur le mal. Pourquoi donner autant de moyens pour ceux qui prônent le OUI, à leur tête le chef de l’Etat? Ce président qui sillonne le pays, pour nous imposer le vote massif du Oui pour une histoire à dormir debout de serrures, de cadenas et de tracts fictifs. Tout cela au frais du contribuable mauritanien. Nous appâter par l'amendement de 3 articles de la loi fondamentale : la réduction du mandat présidentiel à 5 ans, un mandat renouvelable une seule fois, un verrouillage juridique qui fait qu'aucune procédure de révision de la constitution ne soit possible. C’est nous sous-estimer et au delà mettre un doute la maturité du peuple mauritanien.

Plutôt, Instaurons un vrai débat sur cette constitution et exigeons un décompte de temps de parole, pour les partisans et les détracteurs du OUI. Priver le chef de l’Etat fervent défenseur du OUI , de sa lépreuse TVM qu’il semble squatter avec la complicité de l’AMI, alors que aucun NON ne se fait entendre sur nos médias.
Cette occasion unique qu’a le peuple mauritanien de dire NON à un gouvernement, de le désavouer massivement pour la première fois est à saisir d’une main de fer. Ainsi le chef de la junte et son « Gouvernement à usage unique » pour ne pas dire familièrement « Gouvernement jetable » en tireront les conséquences de leurs choix et sauront que l’on ne pourra pas toujours suivre ceux qui ont le pouvoir comme des moutons de panurge. Quant au peuple, en montrant son refus d’entendre et de respecter la volonté d’un groupe qui veut lui imposer à travers les urnes son choix du OUI pour cette Constitution relookée avec très peu de changement, il aura acquis le principe fondamental de la démocratie celui d’avoir un choix, un vrai choix réfléchi et réaliste. Si le peuple savait que les pères de la constitution de 1991 sont actuellement les charpentiers de cette illusion de changement de 2006, Il mesurerait à leur juste portée ces mots de Peter Genestet « Heureux et libre est celui qui ose dire non ! »

Même si Le texte du projet porte uniquement sur les articles modifiés de la constitution du 20 juillet 1991 qui stipule dans son nouvel article 99 qu’«aucune procédure de révision de la Constitution ne peut être engagée si elle met en cause l’existence de l’Etat ou porte atteinte à l’intégrité du territoire, à la forme républicaine du gouvernement, au caractère pluraliste de la démocratie mauritanienne ou au principe de l’alternance démocratique au pouvoir et à son corollaire, le principe selon lequel le mandat du président de la République est de cinq ans, renouvelable une seule fois». On aura un homme fort avec des pouvoirs illimités. Qui dit un homme fort dit une tribu forte et une région privilégiée et si il y a des puissants, il y aura forcement des faibles, des soumis et des exclus.

Souvenez-vous de cette Constitution de 1991 qui avait proclamé la Mauritanie "République islamique, arabe et africaine". Elle a été violée, et greffée avec le fameux article 104 issu de l’imagination illimitée de l’entourage du président. Reste enfin qu’est ce qui immunise la constitution de 2006 par rapport à celle 1991?
La garde présidentielle, la maturité des militaires ou la vigilance du peuple mauritanien ? Nous le saurons bientôt.

Faire confiance à la junte au pouvoir comme le font actuellement la majorité des partis politiques, alors que les vrais changements se font toujours attendre, relève de la naïveté ou de l’autisme intellectuel. Le frangin du premier président et le cousin du dernier président déchu en ont fait les frais. Rien qu’a les voir dans le sillage du moustachu de notre palais de marbre pour se dire que rien n’a changé, surtout en profondeur ; les promesse de Démocratie et de liberté restent des promesses: la réalité mauritanienne dément toute logique scientifique et toute les prévisions économétriques. Nous n’avons pas la notion de l’Etat ni de la hiérarchie, même sous la houlette d’un gouvernement d’exception ou sous la botte d’une triade de colonels et leurs vassaux nous restons des bédouins orgueilleux.
Un éditorialiste français a qualifié l’après 3 août d’ère de liberté et de démocratie par ces mots: les mauritaniens sont devenus libres, ils peuvent actuellement écouter RFI en ondes courtes FM : quelle définition primitive de la liberté ! Un autre mauritanien a qualifié l’après 3 août d’ère de liberté et de démocratie on peut voir Hindou du journal le calame et Ould Daddah à la télévision ! Et Alors !

Par contre voir le putschiste du 8 juin à la télévision publique est une insulte à la mémoire des victimes du putsch, civiles ou militaires. Pour les crimes, la prescription intervient des décennies après l’acte, si aucune procédure n’a été entamée contre l’auteur du crime et non par la création d’un parti.
Voilà le changement tant attendu n’a pas eu lieu, les partis politiques se sont regroupés et ils se soucient plus de leur financement que des problèmes qui secouent la société mauritanienne.

Les élections qui se profilent a l’horizon serviront à réconforter un nouveau parti politique qui va vite se « PRDSiser » : en s’ouvrant à tous les transfuges des autres partis perdants pour devenir un parti- Etat, ainsi il s’implantera partout avec les moyens de l’Etat, et inventera une nouvelle idée apparentée à celle du défunt livre et ses innombrables maisons : les perdants dénonceront la triche,les urnes bourrées, de bureaux de vote volants et les observateurs étrangers bernés et l’inaptitude de la CENI sous la commande quasi militaire de son président. Si ça rassure le Tchad a aussi une CENI.
D’où cette question en forme d’appel au secours : Qui pourra transgresser le principe qui régit le fonctionnement même de ce système en voulant devenir un vrai chef d’Etat à part entière dans ce pays où l'armée fait et défait les présidents ?

Une chose est sûre : il y a quelque part quelqu’un qui tire les ficelles du pouvoir et ce n’est pas l’actuel président qui lui n’est qu’un acteur d’une dramatique pièce de théâtre sur fond de décors de démocratie en cinq actes par ordre, cette parodie des journées de concertation, le referendum, les municipales, les législatives et les présidentielles, mise en scène par des éminences grises bien de chez nous, quant à la production, elle est assurée par les finances publiques.

Enfin, était-il vraiment nécessaire d’organiser un référendum ?
C’est sûr que le gouvernement, et le Président ont un autre point de vue sur la question. Il y a sûrement des considérations qui ont poussé le CMJD à proposer ce référendum. Il fallait lire entre les lignes du discours présidentiel « One man show » le souci de bonne gouvernance, équilibres internationaux en oubliant peut-être les équilibres nationaux et sa richesse douteuse. Il faut arrêter cet abus dans l’utilisation des techniques censées mesurer les rapports de force, les tendances au niveau de l’opinion publique et les valeurs, aux fins d’apporter un plus, des améliorations. Il y a abus en nombre d’élections et de référendums, dans un laps de temps aussi court, souvent aux dépens des valeurs, que sont la participation du citoyen, le libre choix, le débat, la transparence. Ainsi le citoyen risque de se dire que les élections et les référendums, sans âme ni valeur, ne sont qu’un jeu politique, destiné à convaincre les instances internationales, au détriment des intérêts des mauritaniens. Alors que Personne ne doute que les mauritaniens méritent infiniment mieux.

Dr. KLEIB Ahmed Salem
Médecin - Hopital national


mise à jour: 
Cet article a été publié  dans le journal le calame avant le referendum sur la constitution  en 2006
je l'ai retrouvé sur le site  AVOMM
http://www.avomm.com/MES-RAISONS-DE-DIRE-NON-AU-REFERENDUM-SUR-LA-CONSTITUTION-DU-25-JUIN_a836.html

5 novembre 2015

Santé, Mensonges et Pouvoir

« Existe-t-il pour l'homme un bien plus précieux que la santé ? » (Socrate).

J’ai choisi de porter l’étendard d’un lanceur d’alerte, pour prêcher l'impatience et la colère de tout un peuple. Quoique je n’aie pas les moyens d’investigations d’un juge d’instruction, ni ceux de la police nationale, j’ai ce témoignage, à travers des rencontres et des faits réels, en essayant de ne pas trahir le secret médical. J'ai rencontré le ministre  de la santé, Ould Jelvoun, un vendredi matin, à la clinique Chiva. Il était venu visiter une patiente hospitalisée. Il voulait mon avis médical car le cas l’inquiétait. « Je veux juste », me dit-il au cours de la conversation, « la garder ici  en hospitalisation, en attendant de l'évacuer en Tunisie ». Ma réponse fut extrêmement rapide et cinglante. « Monsieur le ministre de la Santé, je suis vexé, comme sûrement les sept cents médecins de ce pays. Si le ministre de la Santé envoie sa famille se soigner à l'étranger, c'est qu'il a échoué dans la mission qui lui a été confiée ». Il fut très surpris, tétanisé même, lui qui me dépasse de quelques centimètres et pèse quelques kilos de plus.
Quatre mois de fièvres et plus de douze décès s’en sont suivis, quatre mois d’incertitude et de peur. Lorsque  le seuil de la tolérance fut atteint, de jeunes citoyens se sont mobilisés, à coups de tags et de hashtags, pour faire sortir le ministre de son mutisme assourdissant. Pourquoi tout ce  silence autour de cette redoutable fièvre qui fait tant des ravages, malgré les appels, incessants depuis le mois de Juin, des urgentistes et des médecins praticiens ?  Ou  sont les familles des malades, où est  la société « Si-vile » car une plainte  devant une cour  pénale pour négligence ayant entraîné la mort est réellement recevable ?
Au-delà de  cette mission de porte-parole, autoproclamé et volontaire, d’une population exaspérée, permettez-moi de vous révéler une autre affaire et non des moindres. Notre service de neurochirurgie veut acquérir un microscope opératoire. Nous avons cherché des offres, sur Internet, avec un bon rapport qualité-prix. L’une d’entre elles a retenu l’attention des neurochirurgiens. Un microscope  avec un bon rapport qualité-prix, qui nous coûterait, une fois livré à Nouakchott, 38 millions d’ouguiyas. La loi stipule qu’une commande de moins de 50 millions peut être payée par le ministère, via sa filiale CAMEC. Ne voyant aucun avantage et aucune retombée  pour son département, le ministre a lancé un appel d’offres public pour ledit achat. Qui dit appel d’offres,  dit, à la fin, prix de revient  avantageux, au propre et au figuré. Je vous explique : le fournisseur  propose le triple du prix dans un pli cacheté. Les fournisseurs ont leurs habitudes, c’est une famille corleonienne. Ils peuvent s’associer pour un dépôt collectif ou individuel, après s'être concertés. Alors que le but d’un appel d’offres  est de mettre plusieurs entreprises en concurrence, pour fournir un produit ou un service. Une fois le marché adjugé au moins disant – ou au mieux disant, peu importe, puisque c’est toujours le même microscope – il a droit à un acompte de  30% du prix. Et, comme par hasard  c’est juste ce qu’il lui faut pour acheter le microscope ! Où vont les millions qui restent ? Ils serviraient à des rétro-commissions au ministère de la Santé, au Trésor public  et à la commission des marchés. C'est ça, la liberté ! Comme disait un  grand maitre à penser en l’actuel président du Sénat – loin de moi tout fantasme de l’ironie,  car je suis sérieux –  « Personne n’en veut d’un marché aussi sec ». Depuis l’annonce de cet appel d’offres, je n’ai pas arrêté de recevoir des coups de fil de fournisseurs qui se demandaient : « C’est quoi, un microscope opératoire ? »
Après la santé, voilà le triste bilan d’un président qui se croyait si  proche des jeunes et des pauvres. L’éducation nationale a été sacrifiée, les intellectuels – ou ce qu’il en reste – ont été  crucifiés. Je ne parle pas de ceux que j’ai vus et entendu braire, au nom du parti unique ou de l’auto-concertation narcissique, mais de ceux qui ont été contraints de prendre le chemin de l’exil. L’armée nationale est devenue une marchandise comme une autre. L’unité nationale n’a jamais été aussi menacée. Voilà où nous en sommes : une minorité de néo-nantis qui affiche, avec insolence, une richesse  soudaine, à côté de la misère pleurante et gémissante. La peur du lendemain incertain, au cas où la Constitution sera retaillée. Certains proches du général Aziz  nous promettent que non. Pourtant, en Afrique, « Y en a qu’ont essayé, ils ont eu des problèmes ! » comme disait Chevalier et Laspales (Le train pour Pau).
Enfin une note d’optimisme, dans ce milieu de brutes, pour ce millième numéro.  Nous devons cette belle longévité à la bande d’iconoclastes qui résiste, dans ce minuscule village qu’est « Le Calame ».  C’est une belle réussite de conciliation et d’enrichissement mutuel, dans un contexte national  où le dialogue s’avère, « parfois souvent », impossible. Il faut les côtoyer pour comprendre. L’esprit  du fondateur  Habib ould Mahfoudh qui fut mon professeur au lycée de Nouadhibou veille discrètement sur les lieux, pendant que le directeur Ahmed ould Cheikh s’essaie au management participatif, afin de gérer les journalistes, avec un mélange subtil de talent et de génie, animés d’une volonté tenace d’informer avant tout : Sneïba, Thiam, Athié, Jiddou et Mansour. C’est à eux que revient tout le mérite. Il y a longtemps, un homme de beaucoup de génie a dit : « « Le mérite a seul droit aux fureurs / C’est un poison  heureux qui conserve la vie / Quand la haine se tait on demeure oublie / Et malheur à celui qui n’est point envie »…

Docteur Kleïb  Ahmed Salem
Citoyen dégoûté et sans doute pas le seul
journal le calame 4 November, 2015 - 09:42 le numero 1000

21 juin 2015

Curriculum vitae

Curriculum vitae




Dr kleib Ahmed Salem
Marié : Nationalité : Mauritanienne

1.    SITUATION ACTUELLE

Praticien attaché associé
Service de  neurochirurgie  fonctionnelle et stéreotaxique
chez le Pr REGIS Jean
CHU La Timone
264 Rue Saint-Pierre, 13385 Marseille 
FRANCE





2.            TITRES ET DIPLOMES
·         Lauréat des  Épreuves de Vérification des Connaissances en neurochirurgie EVC (liste A)  prévues aux articles L. 4111-2-I et L. 4221-12 du code de la santé publique française organisées au titre de la session 2013.  Dans le cadre de la PAE (Procédure d’Autorisation d’Exercice) organisé par le CNG de Paris. 2013
·         Réussite au concours de Professeur Assistant Hospitalo-universitaire à la faculté de Médecine de Nouakchott Mauritanie (Décembre 2012)   

·         Assure les Cours du module de neurochirurgie  à la faculté de médecine de Nouakchott depuis 2012 à ce jour.

·         DFMSA (Diplôme de formation spécialisée Approfondi) de neurochirurgie Université  de Strasbourg  2013 France.

·         AFS (Attestation de formation spécialisée) de neurochirurgie Université René Descartes 2008 France.

·         D.E.S.  Diplôme d’études spéciales en NEUROCHIRURGIE. Université Cheikh Anta Diop 18 Juillet 2011 DAKAR SENEGAL.  

·         Doctorat en médecine 20 juillet 2004 à la faculté de médecine de Sfax Tunisie.

·         Baccalauréat  en sciences naturelles Nouadhibou Mauritanie.
                                                                                                        

3.            Stages pratiques

Ø  Stages hospitaliers 

·         Colmar France FFI au service au service de neurochirurgie du Centre Hospitalier de pasteur (2 semestres : De février 2013 jusqu’au 31 octobre 2013) Dr SROUR  R, Dr Voirin J, Dr STEALHART B.
·         Nouakchott – Mauritanie. Praticien hospitalier au Centre Hospitalier de Nouakchott 2011-2013. Service de neurochirurgie. Pr Ag Salihy Pr Ag SOUMARE O.
·         Colmar France FFI au Centre hospitalier civil Colmar France -(1 semestre Du 1  mai 2008 au 31 octobre 2008) Dr STEALHART B
·         Paris France  FFI au service au service de neurochirurgie du Centre Hospitalier   
     SAINTE-ANNE-  (3 semestres) Du 2 novembre 2006 au 30 avril 2008
Pr Roux et Pr DEVAUX.

Ø  Les stages de perfectionnement

·         Naples Italie 2015  stage de un mois chez Pr Capabianca chirurgie endoscopique de la base du crane (prévu au mois d’octobre 2015)
·         Angers  France 2013: Atelier du cycle d’enseignement chirurgie de la base du crâne ABORDS DE LA REGION PETROCLIVALE 16 ¬ 17 mai 2013. Pr HD Fournier (Neurochirurgie ¬ Angers)
·         Barcelona, Spain 2013  MIS Instructional Course, University of Barcelona, Spain 25th April 2013
·         Blida. Algérie 2013 Stage de un mois  en neuroendoscopie à l’hôpital  de Blida
·         Lausanne Suisse en 2008 stage de 3 jours  sur MIDAS REX Legend de Medtronic.au 31 octobre 2008)


4.            COMPÉTENCES

·         Chirurgie du crane et microchirurgie : Vasculaire et Tumorale.
·         Neuroendoscopie : Hypophyse et hydrocéphalie.
·         Chirurgie du rachis traumatique. cervical et dorsolombaire
·         Chirurgie du rachis dégénératif.
·         Pédiatrie : Hydrocéphalie et Spina-bifida.
·         Une expérience dans la Grande Garde d’ile de France de 2006-08 au CH Sainte-anne de Paris France (FFI)                                                                 

           
5.            MEMOIRE(S) et THESE(S)

·         Co-directeur d’une Thèse de doctorat en médecine à la faculté de médecine de Dakar Sénégal.
·         Traumatisme du rachis cervical  à Nouakchott : à propos de 36 cas. Abdelkader Thoureya. 2014.
·         Auteur  d’un :
·         Mémoire de DES en neurochirurgie: 18 juillet 2011 « La discectomie lombaire sous contrôle vidéoscopique : premiers résultats à propos de 10 patients au SENEGAL» Université Cheikh Anta Diop DAKAR Sénégal.
·         Auteur  d’une ;
·         Thèse de Doctorat d’état en médecine : 20 juillet 2004 « sémiologie clinique et radiologique du genou traumatique » CD d’enseignement multimédia à la faculté de médecine de Sfax Tunisie.


6.            COMMUNICATIONS ORALES

·         TRAITEMENT PAR VISSAGE ANTÉRIEUR DES FRACTURES DE L'ODONTOÏDE.
KLEIB AS, E SID'AHMED, A MOKHTAR, A KAMAL, SM SALIHY 1, OUTOUMA S.
65è congrès de la SNCLF et 24è congrès de la SMNC les 20-23 Mai 2015, à Casablanca, Maroc.

·         ARTHRODÈSE C2-C3 : VOIES D’ABORD SOUS-MANDIBULAIRES RÉTRO-PHARYNGÉE.  KLEIB AS, Réunion annuelle de la Société Française de Neurochirurgie. Nantes 2015

·         CARACTÉRISTIQUES ÉPIDÉMIOLOGIQUES DES TRAUMATISMES DU RACHIS CERVICAL EN MAURITANIE. KLEIB AS, 1st   Congress of the CAANS. Algiers May 9-12, 2014.

·         MIGRATION ÉPIDURALE POSTÉRIEURE D'UNE HERNIE DISCALE LOMBAIRE : À PROPOS DE 4 CAS. KLEIB AS, Vème congres maghrébin de neurochirurgie 6-8 juin 2012 ALGERIE.

·         ÉTUDE RÉTROSPECTIVE MULTICENTRIQUE DE L’IMPACT DE LA CHIRURGIE DE LARÉCIDIVE DANS LA PRISE EN CHARGE DU GLIOBLASTOME
     M. Ahmed KLEIB, Colmar – Dr Jimmy VOIRIN, Colmar 6ème SEMINAIRE     
     NORD EST de NEURO ONCOLOGIE.CTOBRE 2013., BESANCON-FRANCE

·         HEMATOME SOUS DURAL CHRONIQUE A PROPOS DE 98 CAS OPERES
      KLEIB AS. SALIHY  SM,, Ely salem A. Congres de la société des sciences    
      médicales de Mauritanie. 23-24-25-novembre-2005.

·         EMPYÈME INTRACRÂNIEN CHEZ L’ENFANT: à propos de 2 cas.
     KLEIB AS. SALIHY  SM, Congres  de la société mauritanienne     
     de pédiatrie 15,16 Aout 2006

·         PRISE EN CHARGE DU MAL DE POTT AU SERVICE DE NEUROCHIRURGIE DU CENTRE HOSPITALIER DE NOUAKCHOTT.
     KLEIB AS. SALIHY  SM, Ely salem A. Journées d`été de la société des               
     sciences médicales de Mauritanie 2-juillet-2006

·         TUBERCULOME INTRA MEDULLAIRE AVEC MULTIPLES LOCALISATIONS
      CEREBRALES: A propos d’un cas. KLEIB AS*, SAKHO Y*, DIOP N A**,   
      BADIANE S.B.*Le IIème CONGRES  de la Société Sénégalaise de   
      Neurochirurgie 12-13 mars 2011*.


7.            COMMUNICATIONS AFFICHEES / POSTERS

·         HEMIPARKINSONISM SECONDARY TO SPHENOID WING MENINGIOMA. A-S KLEIB AS, E Sid’Ahmed, SM Salihy, N Boukhrissi , Diagana M, Soumare O.
Réunion annuelle de la Société Française de Neurochirurgie. Nantes 2015

·         LE NEURINOME INTRARACHIDIEN : A PROPOS DE DEUX(2) OBSERVATIONS ET REVUE DE LA LITTERATURE. A. DIOP, I. TINE, A. S. KLEIB, A. ISSA, A. NDIAYE. 16 JUILLET 2009 journées des l’hôpital principal de Dakar Sénégal

8.            PUBLICATIONS

·         M C Ba, R Kleib, C Sy, J Diabang, N Ndoye, A B Thiam, M Thioub, I Tine, S B Badiane. Lumbar Disc Hernia Migrating To The Epidural Posterior Space: A Rare Entity.
The Internet Journal of Neurosurgery. 2014 Volume 10 Number 1.

·         Thiam AB, Kleib A, Ba MC, et al Coexistence d’un hématome sous dural chronique et un empyème sous-dural controlatéral : à propos d’un cas.
Journal Africain de Chirurgie Décembre 176 2011;1(3):176-180.

·         Salihy.S.M ,  Né.C.O ,  Kleib.A.S ,  Ely Salem.A ,  Mogueya. S.A.  Le Kyste
Hydatique Rachidien Intradural Primitif A Propos D’un Cas.
Journal de neurochirurgie  N°4 de la société algérienne de neurochirurgie

9.            SOCIETES SAVANTES, CULTURELLES OU SCIENTIFIQUES

·         Secrétaire général de la société des sciences neurologiques de Mauritanie.
·         Secrétaire général de la société mauritanienne de neurochirurgie.

10.         DIVERS
·         Chroniqueur  au journal francophone mauritanien LECALAME www.lecalame.info
·         Animateur d’un Blog depuis 2006 francophone  www.docteurkleib.blogspot.com
·         Peintre et Caricaturiste  
LANGUES ÉTRANGÈRES 
·         Français
·         Italien
·         Anglais 
·         Arabe
«  Langues  écrites et parlées ».

Je jure sur mon honneur que les renseignements fournis ci hauts sont sincères et véridiques.
Fait à Nouakchott le   15 juin 2015

KLEIB AHMED-SALEM

20 juin 2015

Le Making-of de cette interview.






:
Interview exclusive au journal Le Calame de l'administrateur du site CRIDEM
Mr Claude K nous a quitté un vendredi 26 septembre 2014 et nous le regrettons. Nous reproduisons sa première interview accordée un journal mauritanien le calame réalisée par Dr kleib et le Making-of de cette interview. 
"Un jour pendant que j’étais interne dans un hôpital parisien (Centre Hospitalier Sainte Anne) j'ai reçu un appel téléphonique: je suis Claude K webmaster de cridem. Je vous appelle Docteur pour m’excuser de ne pas pouvoir publier votre papier vu le nombre de propositions que je reçois par jour. Je lui ai répondu qu’au début de son aventure cridemienne, il mettait volontiers mes publications en ligne sans me demander mon avis dés qu’elles apparaissaient sur le site Mauritanienet ou sur le site du journal lecalame.info et voilà qu’au aujourd’hui il refuse de mettre en ligne mes articles, je trouve ça indécent. Il m’a expliqué les contraintes techniques qu’il rencontrait et le coût financier pour maintenir en vie le site sous perfusion et les sacrifices qu’il consentait tant sur le plan professionnel que familial pour maintenir en vie ce site. j'ai trouvé que cette histoire était humainement formidable. Il croyait fermement à son projet. Quant à moi avant ce coup de fil, J’ai toujours pensé que le site cridem était géré par des mauritaniens de la diaspora comme se fut le cas pour Mauritanienet, FAAS, etc… Dés que j’ai su que c’était un étranger qui administrait le site le plus visité par la communauté francophone mauritanienne, j’ai demandé à mon ami Ahmed ould cheikh directeur du journal le calame si ça l’intéressai d'avoir une interview de claude K. Comme c’est un journaliste avisé, il a fleuré le scoop et  évidement il a accepté. J' ai rappelé Claude K le jour suivant (5 avril 2007) et on s’est donné rendez vous au bistrot du coin Villa Saint-Jacques 1 Boulevard Saint-Jacques 75014 Paris France (voir photo )autour d’un bon expresso. Il était 14 heures. Il est arrivé à l’heure. Il avait une barbe blanche et il fumait cigarettes sur cigarettes. Il a accepté que l’interview soit enregistrée. …..la suite bientôt ----------------------------------------------------------------------------------- 


Qui se cache derrière CRIDEM ?
12 avril 2007

Le Calame : Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs de notre journal?
Je suis Claude K., né en France en 1953, Strasbourg, Alsacien résident à Paris. Mon père est originaire du Maghreb. Ma mère est originaire d’Allemagne et ma femme est d’origine turque. Mon père était un ancien militaire. Il a souhaité que je fasse l’école militaire. À 13 ans, j’ai passé le concours et j’ai été reçu en 1966 à l’école militaire du Mans. C’est là que j’ai rencontré des élèves mauritaniens, entre autres Ely O. Mohamed Vall, Moustapha Diop, Dahane O. Ahmed Mahmoud… et d’autres dont je n’ai plus les noms en mémoire.
Le Calame :Une relation d’amitié est née alors?
Claude K : Les Mauritaniens n’avaient des vacances qu’une fois par an, alors que nous français, avions les vacances de Noël, Pâques et les grandes vacances d’été. Comme Moustapha Diop m’était le plus proche, je l’ai invité pour passer les fêtes de noël 1967 dans ma famille à Strasbourg et ce jour-là est née une véritable fraternité.
Le Calame : Ensuite?Claude K : J’ai quitté l’école militaire en 1970 pour retourner dans la vie civile, alors qu’eux ont poursuivi une carrière militaire; ensuite ils sont rentrés dans leur pays où ils ont continué leur chemin et on s’est perdu de vue. J’ai été salarié pendant 20 ans comme responsable de catalogue de vente par correspondance et je me suis mis à mon compte en 1995 en tant que consultant en marketing et webmastering.
Le Calame : Comment vous vous êtes retrouvés de nouveau, Moustapha Diop et vous?
Claude K : À la fin de l’année 2003, je reçois un mail de Moustapha Diop où il me dit être arrivé en France. Je l’appelle dans la foulée et une heure plus tard, nous nous retrouvons. Moment d’émotion intense, vous l’imaginez bien. Là, nous échangeâmes longuement sur nos différents parcours et je compris ses déconvenues. Et plus que lui encore, comme il aime à le répéter, les malheurs dans lesquels était imprégné son pays. J’ai découvert alors que ce pays était dirigé par un dictateur et que les atteintes aux droits de l'homme étaient courantes. Il était très ému, car pour la première fois, il quittait son pays en laissant tout derrière lui, comme l’avaient fait d’autres, bien avant.
Le Calame : Quelle a été votre réaction?Claude K : Je lui ai demandé comment je pouvais lui donner un coup de main pour dénoncer ce régime et l’appuyer dans un combat qu’il était déterminé à poursuivre. On a convenu que le moyen le plus simple et le plus rapide était de faire d’abord un site Internet. Nous avons fait une recherche sur les sites existants à l’époque et traitant de la Mauritanie.
Le Calame : Comment avez-vous trouvé ces lieux?Claude K : Nous avons été marqués par le dialogue sur ces forums. Tenant compte de ces éléments, je lui ai proposé de créer un véritable site où nous mettrions l'information, donnerions la parole dans un premier temps aux mouvements de l’opposition, à la société civile, aux médias officiels et privés, à la FIDH, à SOS Esclaves, etc. et donner la parole aussi à ceux qui veulent exprimer une opinion personnelle.
Le Calame : Aviez-vous fixé une ligne de conduite?
Claude K : Nous nous sommes fixé des règles strictes, pas de vengeance, pas d'insultes, pas de propos diffamatoires, ni sous la ceinture… .
Le Calame : Le début du site?
Claude K : Alors que je ne suis pas informaticien et n’avais par conséquent aucune notion de programmation, j’ai pu réunir tout ce qu’il fallait pour mettre en place un site test et commencer mes premières mises en ligne. Cette recherche de publications a été plus tard la base de mon travail quotidien. Un ami nous a aidés en hébergeant le site. J'ai mis en ligne, courant février 2004, un certain nombre d'articles (une vingtaine) tirés de différentes sources sur la toile qui correspondaient à la ligne de conduite politique que l'on s'était fixé, Moustapha Diop et moi. Lui n’y connaissait rien non plus à l’informatique. Il m’a donné carte blanche, car nous convergions et continuons totalement à confluer sur les idées.
Le Calame : Pourquoi le choix du nom CRIDEM?Claude K : C’est Moustapha Diop qui a trouvé le nom Convergence Républicaine pour l'Instauration de la Démocratie en Mauritanie, qui doit être une plate forme de rassemblement pour tous les Mauritaniens, où ils se retrouveraient, où ils auraient la parole. On a défini une philosophie, une ligne éditoriale qui est aujourd’hui la même malgré l’évolution qui a eu lieu en Mauritanie.
Le Calame : Comment arrivez-vous à faire le choix des sujets que vous mettez en ligne?Claude K : Nous essayons toujours de rester dans la ligne de ce que l'on s'est fixé à l'origine, celle d’offrir la parole à tout le monde en respectant certaines règles. Chaque jour, il faut faire une recherche sur tous les sites qui traitent de la Mauritanie. Je visite différents sites de la Mauritanie, du Sénégal, les dépêches des agences de presse, tout ce qui est francophone. Si le sujet me semble pertinent et apporter quelque chose au débat, je le sélectionne et le publie.
Le Calame : Êtes-vous influencé dans votre choix?Claude K : N’étant pas originaire du pays et ne connaissant quasiment personne, il ne peut y avoir la moindre influence de qui que ce soit sur moi. Il en est de même avec Moustapha Diop, administrateur du site, avec lequel je me concerte tous les jours. Mais j’avoue que très souvent, le dernier mot me revient dans le partage des rôles que nous nous sommes faits.
Le Calame : Est-ce que vous savez que le site CRIDEM est devenu une référence en Mauritanie?
Claude K : Au démarrage en 2004, le site faisait quelques dizaines de visites par jour. Puis le nombre est monté à une centaine et a continué à progresser au fil des mois. Au mois de mars 2007, le nombre de visites était supérieur à 170.000. Avec une moyenne de 5.000 visites par jour, il est devenu l’un des sites les plus visités, puisqu’il est classé rang 4 sur Google RANK et notre classement sur Alexa est en progression constante. Samedi 7 avril par exemple, Cridem était classé 72.000ème au rang mondial de la toile. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes.
Le Calame : Qu'est ce que ca vous fait à titre personnel?Claude K : On ne va pas jouer au faux modeste, il y a une satisfaction personnelle évidente. Lorsque l’on s’investit quotidiennement comme je le fais depuis plus de trois ans, et que le but recherché est presqu’atteint, que Cridem a pu permettre à des gens de différentes convictions de se retrouver et d’échanger des opinions dans la courtoisie et le respect mutuel, on ne peut que s’en réjouir. Si Cridem a pu participer un tant soit peu pour faire avancer les choses en Mauritanie, je considère que le but est atteint.
Le Calame : Vous n’êtes pas mauritanien et vous militez pour une autre Mauritanie, pourquoi?Claude K : L’esclavage, le racisme, la torture, la dictature… où qu'ils soient, doivent être dénoncés. Il ne faut pas perdre de vue que le site à été créé à l'origine pour dénoncer cela. Donc, on ne peut pas, que l'on soit anglais, français ou allemand, être étranger à un problème qui touche aux droits humains. Fort heureusement, depuis le putsch de 2005, il y a eu des avancées positives, il faut le reconnaitre. Il reste malgré tout beaucoup de choses encore à faire, l’ouvrage devant sans cesse être amélioré. Des efforts devraient être consentis pour l’éradication de l’esclavage, une cohabitation harmonieuse et le règlement du passif humanitaire.
Le Calame : Si vous avez un message personnel à adresser à votre ancien ami Ely, ce serait quoi?
Claude K : Là, vous me posez une question qui touche à mes sentiments personnels. Ely, qu’est-ce que je pourrai lui dire? À l'époque où je l'ai connu, c'était un garçon timide et discret. Cela a été le cas, je pense, durant les 20 ans où il a été directeur de la sûreté nationale. Il n’est venu sur le devant de la scène qu’en août 2005. Je suis convaincu qu’il a ouvert une porte qui peut mener vers une véritable démocratie, vers un État de droit. Cette porte, il faut maintenant la franchir. C’est aux acteurs politiques et au peuple mauritanien de saisir cette grande chance pour continuer dans cette voie. Il a permis à la Mauritanie d'aller vers une voie consensuelle qui est meilleure, je l'espère. Maintenant, il faut voir comment les choses vont évoluer. Je ne dirai pas que LES conditions sont là pour aller vers la démocratie, mais DES conditions sont maintenant réunies pour évoluer à un autre stade de réconciliation.
Le Calame : Comment avez- vous trouvé les dernières élections mauritaniennes?
Claude K : Pour un étranger, suivre les élections comme cela s'est passé en Mauritanie, c'est un peu étrange. C'est un monde obscur. J’ai été très surpris de lire par ci et par là, et je l'ai publié sur Cridem, la tribu «X» a rallié Daddah, celle d’«Y» Sidi, et la fluidité des militants, chose impensable en France. C’est comme si on disait que la tribu du maire de Tours a rallié Sarkozy ou Fabius a rallié le Pen. Ce sont des choses qui me surprennent et que j'ai du mal à comprendre et à concevoir. Mais j’apprends…
Le Calame : Est-ce qu’on vous a reproché de favoriser un candidat?Claude K : La position de Cridem a toujours été la même: offrir la parole à tous les candidats. Cridem a été, hormis le site de l’AMI, le seul site à publier quotidiennement des informations sur les 19 candidats a l'élection présidentielle.
Le Calame : Vous avez eu un différend avec RFD info?Claude K : Lorsque le site RFD INFO a été crée, j'ai immédiatement mis en ligne l'annonce de sa création et j'ai publié les premiers articles qui émanaient de RFD Info, jusqu'au jour où cet organe m'a soumis un article que j'ai validé en mentionnant la source «RFD info». Dans l’heure qui a suivi, l’origine de cette publication a été démentie par RFD Info. Aussitôt, j'ai décidé de bloquer la source en question. Mais par contre, j'ai continué à publier les dépêches et articles de presse sur le candidat du RFD. Cette situation a créé un certain déséquilibre en faveur de Sidioca, c’est incontestable. Je regrette profondément une telle attitude, d’autant plus que ce même communiqué a été publié par RFD Info sur l’ensemble des forums mauritaniens dès le lendemain. Je ne comprends toujours pas une telle attitude…
Le Calame : Quelle est votre source de financement?
Claude K : Le site est entièrement financé par mes soins et vu que le nombre de visiteurs a augmenté de façon considérable, il a fallu que je passe d’un serveur mutualisé à un serveur dédié. J’ai dépensé, de mes fonds propres, plusieurs milliers d'euro pour poursuivre cette aventure. À ce jour, aucune pression n’a eu d’effet sur nous. Nous ne sommes pas à l’abri d’erreur d’édition et il y en a surement eu, mais elles sont bien involontaires. Jusqu’à ce jour, il n’y a pas eu de publicité sur le site; s’il devait y en avoir, ce que nous souhaitons dorénavant, cela n’altèrera en rien notre indépendance absolue et notre ligne éditoriale
Le Calame : Avez-vous visité la Mauritanie?
Claude K : Je n’ai jamais mis les pieds en Mauritanie. C’est pour cela que je pense pouvoir offrir une certaine objectivité et neutralité. Je ne suis influencé ni par un parti, ni par un homme politique, ni par un chef de tribu, ni par un militaire, ni par qui que ce soit. L’idée que je me fais de la Mauritanie, je me la fais à travers la presse et les débats contradictoires avec certains amis de divers horizons.
Le Calame : Comment voyez-vous l’avenir de la Mauritanie?
Claude K : J'ai l'impression qu'on va vers la bonne direction, même si il y a encore beaucoup de travail. À mon sens, il faudrait un certain renouvellement de la classe politique. Une nouvelle génération de politiciens devrait émerger, qui s’imprègne du passé pour regarder vers l’avenir.
Le Calame : Le site doit vous prendre assez de votre temps
Claude K : Cela fait trois ans et demi que je consacre à ce site plus de 12 heures par jour. Ce qui a une incidence sur ma vie familiale et professionnelle, à tel point qu’au lendemain du coup d’état du 3 août, j’avais suggéré d’arrêter le site pour reprendre une vie normale. Après débat avec Moustapha Diop, nous avons décidé de continuer encore. Et je ne le regrette pas.
Le Calame : Quelle serait la prochaine étape de votre combat?Claude K : Mon rêve serait de pouvoir traduire le site en arabe et dans diverses langues nationales comme le pular, le wolof, le soninké…, pour le rendre accessible à plus de mauritaniens. Et aussi, visiter la Mauritanie.
Le Calame : Avez-vous une histoire qui vous a marqué?
Claude K : C’est l’histoire cette petite fille de 12 ans qui a écrit dans le livre d'or du site: «je suis très très heureuse avant tout de me présenter au peuple Mauritanien car je suis une Mauritanienne d'origine née en France. J ai 12ans et je suis très contente de savoir par votre web qu’il y a la démocratie dans mon pays et je vous souhaite bonne continuation». C’est impressionnant, la convergence des générations sur le site, des vieux politiciens aux jeunes de 12 à 13 ans.
Propos recueillis à PARIS par Dr Kleib
pour le journal : Le Calame (Mauritanie)
source cridem via journal lecalame