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21 juillet 2010

Encore de la discrimination pour handicap en Mauritanie



Le docteur Zidane Seydna Aly est un ancien résident des hôpitaux de Tunisie. Auteur de plusieurs publications dans des revues scientifiques, il s’est inscrit, au mois de mai, à un concours du Ministère de l’Enseignement Supérieur, pour devenir professeur agrégé de médecine et faire bénéficier, ainsi, le pays de son expérience et de ses compétences. Or, la commission chargée d’étudier les dossiers a jugé son dossier irrecevable pour le simple motif que le candidat est «cloué sur un fauteuil roulant», suite à un accident vasculaire.



Victime de cette main invisible qu’on appelle le destin, le docteur Zidane aurait-il voulu planifier, voire préméditer d’enquiquiner l’honorable commission? Discrimination au pays qui affiche, partout, la devise Honneur – Fraternité – Justice? Hélas, nous oublions que nous sommes, tous, des handicapés potentiels, victimes du stress, de la surcharge de travail, des agressions permanentes exogènes et de l’humeur anxiogène de nos patients. Quant au docteur Zidane, il est victime de son apparence, du regard des autres et, tout simplement, de son handicap qui ne ferait pas «propre et net» dans un amphithéâtre de médecine, selon notre honorable commissionAlors que le dossier de notre confrère avait tous les critères définis par la législation et comptabilisait 28 points, dans leur cotation où 20 points suffisaient pour être retenu. Normalement, la sélection devrait s’opérer sur des dossiers et non sur des postures. A ma connaissance, il ne s’agissait pas de choisir les futurs athlètes olympiens mais des enseignants compétents. Comme pour tous les concours, cette sélection aurait dû assurer un recrutement transparent et honnête, loin de toute autre considération, dans le respect de certaines règles écrites, tenant compte du respect de l’égalité des chances et de la prééminence des compétences. Mais il est vrai qu’en Mauritanie, rectifiée ou non, …

"cliquer sur la photo pour acceder au journal le calame"
Le docteur Zidane a gardé intacte sa lucidité, toutes ses facultés intellectuelles et son bagage scientifique. Il continue à assurer une activité médicale à l’hôpital Cheikh Zayed, dirigeant un staff de chirurgie et conseillant la direction de l’établissement. Il est l’auteur de trois romans à succès. Il a publié, après son accident, un grand nombre de communications de valeur, dans des revues scientifiques renommées, et des articles pertinents, dans la presse, notamment Le Calame. Priver ce «médecin-courage» qui incarne l’image de l’intellectuel battant qui ne doit rien à personne, sauf à son Seigneur et à Sa miséricorde, à sa propre volonté et à sa soif de connaissances, à son épouse et à sa fille qui le soutiennent avec tant de dévouement, le priver de son droit élémentaire et constitutionnel est un crime. Aucun confrère ou collègue n’a osé dénoncer cette injustice car une certaine omerta règne dans notre milieu, depuis l’annonce de ce concours. La liste des candidats soulève, en aparté, bien des réserves, notamment sur les diplômes de certains candidats diplômés (CES) de pays d’Afrique de l’Ouest, soudain requalifiés en diplômés de France, parmi d’autres incohérences, tout aussi miraculeuses…
Comment, d’ailleurs, ouvrir un concours sans préciser le nombre de postes à pourvoir? Ceux qui seront admis porteront titre d’enseignant, sans forcément exercer. Aberration inexplicable. Et quand on constate la totale absence de calendrier précis d’examens, on ne peut que conclure à l’amateurisme des concepteurs de l’évènement. Avec le cas sus-décrit et notoire, désormais – je me félicite d’avoir contribué à cette révélation – de discrimination avérée, constituant, à lui seul, un motif légal d’invalidation de ce concours d’agrégation, suffira-t-il de porter l’affaire devant le conseil d'Etat pour bloquer tout le processus? Hier, on en aurait douté. Mais, aujourd’hui, en Mauritanie nouvelle et rectifiée…


Docteur Kleib Ahmed Salem
Neurochirurgien

15 juillet 2010

Le Calame, 17 ans déjà : Pourvu que ça dure !


A peine 17 ans et, déjà, quasiment aussi vénérable qu’un arbre à paroles multiséculaire. Le Calame est devenu incontournable, dans le paysage médiatique mauritanien. Je l’avais ouï dire mais il a fallu que je travaille, en son sein, à partir de 2008, pour que j’apprécie la réalité de ce jugement. C’est suite à un article paru dans «Le Monde», qui faisait allusion à ma présence dans «la cité idéale de Maata Moulana» - un titre bien excessif pour l’effort éducatif entrepris dans cette humble cité du Trarza – qu’Ahmed Ould Cheikh, le directeur du Calame, se mit en tête de faire le portrait de ma petite personne. Après un bref mais efficace entretien, il eut cette délicatesse de me faire parvenir le texte de son article, en me priant de bien vouloir le corriger, si nécessaire. Je m’efforçai de le satisfaire, en toute objectivité, avec plus le souci d’enrichir son travail que d’enjoliver son regard sur moi. L’exercice, qui me demandait un certain détachement vis-à-vis de moi-même, me plut assez, je dois dire.
Et plut, aussi, à Ahmed. «J’ai besoin de toi au journal», me confia-t-il. A quoi je répondis : «J’ai peu de temps à moi et, en toute sincérité, la politique politicienne m’intéresse d’autant moins qu’étranger résident en Mauritanie, j’ai un devoir de réserve à respecter. – Non, non, c’est juste pour corriger les articles! Un jour ou deux, tout au plus, par semaine.» J’acceptai, un peu du bout des lèvres, et c’est sur cette base que j’entrepris d’intégrer l’équipe du Calame. Les premiers pas furent un peu délicats. Les uns et les autres s’inquiétaient, diversement, de cet écrivain français qui allait, peut-être, sabrer leurs écrits. Il y eut quelques prises de bec, mémorables, mais, très vite, chacun put se rendre compte qu’il s’agissait réellement, pour moi, de valoriser la forme de son travail, quelle que fut mon opinion sur le fond de celui-ci. J’aime, passionnément, ma langue maternelle, bien plus, je l’avoue, que ce qu’est devenue ma patrie, et lorsque j’entends dire une des mes connaissances : « Super, l’article de Seck, cette semaine ! Percutant, ce Feylili ! » ; j’éprouve autant de plaisir que si la félicitation m’était personnellement adressée.

Une Mauritanie en miniature
De fait, c’est cette attitude de respect mutuel et d’amour du travail bien fait qui soude notre équipe. Le Calame, c’est, tout d’abord, une vraie communauté nationale. Beydanes, Hal Pulaar, Haratines, Wolofs – par ordre alphabétique, s’il vous plaît ! – s’y côtoient, dans un vrai souci de professionnalisme. Et une communauté nationale ouverte sur le monde, puisqu’elle intègre, également, une métisse, notre chère Mariem, et deux français «de vieille souche», Bertrand Fessard de Foucault et moi-même. Les complexes coloniaux et «servitudinaux» - tant de supériorité que d’infériorité – ont bien du mal à résister à telle communauté de vie et si, d’aventure, tel ou tel s’y abandonnait, c’est tous les autres qui le rappelleraient à un peu de tenue, dans cet esprit d’autodérision affectueuse, si caractéristique de notre journal.
C’est, bien évidemment, à Habib Ould Mahfoudh, l’un des fondateurs du Calame, que je fais ici allusion. Habib ou l’indépendance d’esprit. Je ne l’ai connu qu’à travers sa célèbre chronique - les « Mauritanides » – et quelques avis, toujours affectueux, parmi ceux qui l’ont côtoyé. Profondément attaché à sa culture maure, l’homme sut se servir de la culture française pour distancier son regard. Sans aucun complexe et profitant de l’occasion pour les liquider tous. En vrai «titi mauritanien», Habib aurait pu chanter: «je suis tombé dans l’sable, c’est la faute aux notables, le nez dans l’marigot, c’est la faute à Coppo.» Coppo pour Coppolani, bien sûr. Mais, à l’évidence de ses écrits, le fondateur du Calame, pour critique qu’il savait être – et sacrément bon – n’entretenait ni rancœur, ni déférence abusive, jouant de langue de Molière comme d’un outil, parmi d’autres, de construction de la Nation mauritanienne moderne. A cet égard, je suppute, même, que, si Dieu nous l’avait laissé un peu plus de temps, notre alchimiste des saveurs linguistiques aurait, bientôt, écrit en pulaar, en soniké et en wolof. Avec humour et légèreté, pimentés d’autodérision, sans jamais se départir du respect des gens et de l’amour du travail bien fait.
Il me semble que son esprit imprègne, toujours, pages, colonnes et jusqu’aux lignes du Calame. Miracle, après si longue séparation? Pas tout-à-fait. Car la conservation de l’esprit tient, aussi, à des trivialités on ne peut plus matérielles et il convient, ici, de saluer la gestion, exemplaire, du journal par Ahmed Ould Cheikh. Sur le plan financier, tout d’abord. Comme tous les titres de presse mauritanienne, Le Calame connaît des difficultés récurrentes de trésorerie. Pourtant, jamais – du moins à ma connaissance, c’est-à-dire au cours des trente mois de ma collaboration ininterrompue avec le journal – Ahmed n’aura fait supporter ces problèmes par les membres de son équipe. Chacun est payé, selon son dû, entre le début de la semaine finissant le mois et la fin de celle commençant le suivant. Une régularité de métronome, suffisamment rare en Mauritanie, surtout par les temps qui courent, pour être signalée.
Sur le plan du contenu, ensuite. L’ego d’Ahmed est suffisamment posé, al hamdoulillahi, pour n’avoir pas besoin de s’étaler à toutes les pages du journal. Juste un éditorial, souvent pénétrant, qui donne le ton de l’édition. Suit, à l’ordinaire, l’interview, sur plusieurs pages, d’une personnalité mauritanienne, fréquemment politique, avec un avantage certain à l’opposition. «La majorité dispose, elle, d’autres facilités d’expression, remarquablement publiques», souligne Ahmed, avec un petit sourire entendu. Puis les saveurs des chroniqueurs-maison, Sneïba, Dalay Lam et Mariem ; les analyses politiques et judiciaires de Seck ; les compte-rendus sportifs et culturels de Thiam, souvent préposé, également, au suivi de la société civile ; les décalages-recadrages historiques de Bertrand ; plus occasionnellement, les lubies caustiques de Feylili, les indignations de Ben Abdallah ou du docteur Kleib ; les envolées sémantiques d’Ely Ould Krombelé ; les nouvelles régionales des correspondants locaux, Brahim Ould Ely Salem, au Brakna ; Moustapha Ould Béchir, pour les Hodhs, Jiddou Hamoud, à Rosso, Cheikh Ould Ahmed, en Assaba… Et bien sûr, notre graphiste en titre, Cheikh Taleb Bouya Ould Mohamed Boudahi, sans qui nos efforts d’écriture resteraient invisibles ; l’inamovible Alioune, distributeur infatigable du journal, depuis sa fondation, diplômé ès thé-trois-casses-et-plus-si-affinités ; Pap Gaye, le petit nouveau, théieur en second et ménageur méticuleux, tout aussi amoureux du travail bien fait que chacun d’entre nous... J’en oublie, certainement ; notamment de cette cohorte de collaborateurs occasionnels qui choisissent notre journal pour exprimer telle ou telle opinion, informer de tel ou tel fait méconnu du public. Et je n’ai pas parlé, non plus, des droits de réponse, qui achèvent de signaler la nature du Calame : un lieu de débat national, un forum d’idées, ouvert à tout ceux qui aiment la Mauritanie.

Ian Mansour de Grange

11 juillet 2010

Des vacances "bien méritées"


je pense qu'en cette période on peut profiter des vacances. La Mauritanie est une terre d’accueil et de charme, excepté l’atmosphère délétère de la politique politicienne de l’UPR et la chaleur qui sevit en ce moment. Après une année longue et épuisante, je vais prendre des vacances. Le Blog restera en mode de veille. Il n’ y ’aura plus que les news défilantes et la rubrique rétroviseur. Le rétroviseur du blog permet à ceux qui ont raté un POST parce qu’ils étaient en voyage, au fin fond du désert, ou dans un coma profond, de faire du rattrapage. Les news seront quotidiennement mise à jour. Bonne vacances à tous les visiteurs, les plus fideles et les moins, ceux qui apprécient le Blog et à ceux qui le détestent et qui pourtant me font des visites de courtoisie qui ne me laissent pas indifférent.il se reconnaitront. Je vais devoir consacrer un peu de temps (vacances) à ma famille. En attendant la rentrée qui sera, sera, sera ….. Si on passera la période des turbulences et des putschs juillet et aout (10 juillet et 3 et 6 AOUT) houleuse.
le retroviseur du blog