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24 janvier 2010

Séparation hôpital public-privé : une timide réforme

Dans le milieu médical, on s’accorde à dire qu’une reforme profonde et rationnelle du secteur de la santé est nécessaire pour la survie de notre profession. Elle passera inévitablement par une séparation du service public et libéral (privé).
Le rempart que le ministère de la Santé est en train d’ériger en séparant ces deux activités servira de garde « fou » qui protégera la médecine contre son déclin. Cette reforme ne doit pas passer en force mais être plutôt le fruit d’un consensus entre les différents acteurs de la santé et les pouvoirs politiques. Pour mettre fin à cette anarchie à laquelle nous nous sommes habitués et qui a eu pour conséquences:
• Une sur spécialisation sauvage et déséquilibrée. Avec des spécialités lucratives très prisées et d’autres désertées
• Une dissémination métastasique de cabinets et des officines sauvages en toute illégalité.
• La carence des médecins généralistes, à tel point que, de nos jours, trouver un généraliste relève de l’exploit
• Des professeurs de médecines payés par le contribuable pour exercer en toute impunité dans le privé uniquement.
• Un conseil de l’ordre des médecins qui fait du syndicalisme, ce qui est loin de sa vocation à savoir défendre l’éthique et la déontologie.
• et etc. … J’ai eu à rencontrer des patients mauritaniens à l’étranger dans les différents hôpitaux où j’ai exercé : Tunisie, Sénégal et France. J’ai entendu le même discours et les mêmes plaintes. Les médecins n’ont pas le temps à nous consacrer. Les médecins consultent cent malades par jour consacrant 5 minutes à chaque patient, certains écrivent l’ordonnance avant de nous dire bonjour. Ce phénomène a eu pour conséquence de pousser à l’exode des milieux de malades de plus en plus exigeants vers les pays voisins.
Avec l’arrivée de la faculté de médecine et son agrégation sauvage ou gazra, nous allons avoir des médecins triptyques : universitaires qui exercent en public et en privé, pourtant une journée ne dure pas plus de 24 heures. C’est comme en polygamie, on ne sera jamais juste et par conséquence, c’est le service public qui en pâtirait le plus.
Nous allons devoir composer avec les mêmes médecins cumulards qui ternissent l’image de la profession, devenus depuis des réactionnaires accrochés à leurs privilèges.
Loin de défendre des intérêts corporatistes, je demande à ce que cette reforme soit accompagnée d’une revalorisation du secteur public, en améliorant le salaire de façon significative pour être incitatif en l’ajustant à celui de nos voisins maghrébins. Afin d’assurer un minimum de décence à un médecin qui aspire à exercer dans des conditions de dignité à la hauteur de son niveau d’instruction.
Dr kleib Ahmed Salem
Neurochirurgien

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