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31 juillet 2007

La Mauritanie à la recherche de son identité


lu pour vous sur le blog de MAURITANIA de Diaw Alassane

La Mauritanie à la recherche de son identité



Au moment où la délégation ministérielle sillonne les camps des réfugiés et rencontre les principaux responsables politiques, le débat sur l’identité nationale ressurgit de plus belle, comme pour faire face à un péril imminent. Il ne se passe pas à un jour sans qu’on assiste à ces joutes où des pseudo-conférenciers, en mal de fonds de commerce, investissent le terrain identitaire. Ils ont découvert, en ce mois de juillet, comme par enchantement, que le pays traverse une grave crise d’identité et que pour trouver une solution à cette crise il faut « régler » une fois pour toutes le problème de l’identité.L’identité est une notion insaisissable et par conséquent elle a toujours été définie par son cadre général. Ainsi la Mauritanie arabe, africaine et islamique est un fait incontestable mais dès qu’on cherche à préciser le contenu de chacun des éléments constituant ce triptyque, à voir comment ces éléments s’agencent pour forger Une identité, on se rend très vite compte que seule la dimension islamique est évidente ( n’en déplaise aux partisans d’un Etat laïque), parce qu’évacuant toute idée de domination d’un groupe ou d’une entité sur l’autre ; car ce qui est en jeu ce sont les rapports de domination réels ou supposés ( le sentiment d’appartenir à un groupe dominant ou dominé) et les privilèges que conférerait une identité obtenue au forceps.Quel contenu donner alors à l’arabité et à l’africanité ? La langue est un facteur déterminant de l’identité et les politiques ne s’y sont pas trompés en l’utilisant comme une variable instrumentale. L’apprentissage d’autres langues, l’ouverture à d’autres cultures est une bonne chose en soi mais l’assimilation forcée, autrement j’aurai parlé d’aliénation culturelle, est très dangereuse car elle renvoie au rapport de domination précité.Si nos berbères ont vécu très bien leur assimilation à la culture arabe, si les Halpulaars du Sénégal vivent avec plaisir la domination du wolof, il n’en est pas toujours de même par exemple pour les berbères marocains et algériens vis-à vis de leurs compatriotes arabes, ou les Peuls et les Songhaïs du Mali par rapport aux Bambaras pour ne citer que nos voisins immédiats. En Mauritanie nous voulons que notre identité se décline en ‘ana’, ‘miin’,’man’ et ‘n’ke’. Mais pour importante qu’elle soit, la langue n’en constitue pas moins le seul facteur définissant l’identité. Il existe tout un ensemble de valeurs, de croyances, de repères, d’imaginaire, de vécu, d’histoires que nous partageons et qui à la longue renforce ce sentiment d’appartenance à un même destin. Identité ne rime pas avec identitarisme tout comme nation ne rime pas avec nationalisme. C’est vrai l’identité est une conquête permanente même si dans le fond elle reste relativement stable. Rien ne nous presse en ce mois de juillet, par petits comités, de la codifier, la standardiser, l’enfermer, la photographier, ou pour dire les choses simplement, lui créer une carte d’identité. « Nous acceptons tout sauf le français », lançait un participant, comme si quelqu’un avait proposé que le français fasse partie de notre identité. « Le statut du français,[en France, cela va de soi] est une de nos lignes rouges » disait un autre citant Jean-Pierre Chevènement. Le genre de débats où l'essentiel se trouve dans le titre.
En somme des croisades contre des moulins à vent, comme pour se parer contre des « envahisseurs » venus de Ourossogui, Dodel, N’dioum, Dagana….En fait, sont-ils parvenus à une définition de l’identité ? Je ne sais pas. Mais ils peuvent toujours essayer de mélanger les langues, les cultures, les croyances, les ethnies, les tribus et de passer le tout à la moulinette. Ils obtiendront à coup sûr une solution.
A bientôt, chers amis lecteurs.J'arrive chers aoûtiens.

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